RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Blind date

Blind date

James KEACH

Avec Chris Pine, Eddie Kaye Thomas, Anjali Jay et Jane Seymour - 2006

Et ta critique ?




Que dire d’un apparent ersatz d’American Pie catégorie Handisport ? Rien, à part qu’il s’agit d’un excellent film humaniste et sensible. À trop se fier à l’emballage, on en oublie ce qu’il peut contenir.


Tout démarrait pourtant mal. Fils d’immigrés italiens et aveugle de naissance, Danny est un jeune homme dont le frère s’amuse à tirer parti de ce handicap pour infliger moult humiliations politiquement incorrectes.

À l’âge adulte, la poussée hormonale et l’inexpérience face au sexe opposé du non-voyant vont provoquer une débauche de philanthropisme maladroit de la part du frangin. Encouragé à tenter sa chance avec une cohorte de célibataires dont la caricature psychologique frôle le ridicule, Danny  devra trouver l’amour.

Alors que les gags téléphonés s’écrasent les uns après les autres, on perd tout espoir d’assister à un divertissement de bonne facture jusqu’à ce que certaines scènes, étrangement sérieuses dans ce contexte, renversent le cours du long-métrage. A la facilité de la comédie sur le rejet de la différence, s’oppose un sous-texte intelligent de la difficile acceptation de soi et du refus d’une victimisation sociétale.

L’enjeu n’est plus de faire rire, ce qui ne fonctionnait pas de toute façon, mais de construire une histoire qui a du sens. Et l’humour ne s’en trouve que libéré d’un cahier des charges absurde comme en témoignent l’affiche et la bande-annonce sélectionnées pour la promotion. Mais il faut surtout en remercier les comédiens qui ont rendu possible cette métamorphose kafkaïenne inversée.

Chris Pine compose un personnage crédible qui force l’empathie sans jamais provoquer de compassion facile. Cette performance suscite l’admiration et fait miroiter un bon début de carrière à celui qui a repris le rôle du capitaine Kirk dans le prequel de Star Trek.

En face, les autres acteurs choisissent une sobriété qui convient parfaitement au récit et lui confère un naturel désarmant. La bande-son n’est pas en reste, entre de la pop branchouille, mais efficace ainsi que de l’indépendant salvateur, et réussit son office sans être omniprésente.

Certes, le scénario est purement fonctionnel, les caricatures des familles immigrées sont trop faciles sans apporter quoi que ce soit, et le réalisateur n’abandonnera jamais son désir de faire une comédie potache.

Mais c’est peut-être l’ambivalence de cette narration qui rend le film touchant dans son imperfection. Même si, dès le début, les enjeux sont annoncés trop clairement, on se prend rapidement au jeu et l’on ne cherche plus à bouder son plaisir. Ce dernier n’est simplement pas du tout là où on l’attendait.

 

 


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 13/06/2011