RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Lundi 21 Mai 2012Livre

 Blast

Blast

Manu LARCENET

l'apocalypse selon saint Jacky - Dargaud - 132 pages

Et ta critique ?




Deuxième tome noir et formidable du polar existentiel de Manu Larcenet. L’extase est au rendez vous. Une fois de plus.

C’est un homme tout rond. Piégé dans un corps difforme comme il le dit à la police. Il est gros avec un nez fin. Ce détail trahit une très grande intelligence. Ce clochard est un peu particulier. C’est ce que découvrent deux policiers chargés de faire la lumière sur cet homme étrange.

Polza Mancini est un marginal. Il est accusé de meurtre. Il est fou. Un doux dingue ou un tueur sournois ? Son existence est douloureuse. Un massif premier tome nous avait plongé dans un univers glauque et fascinant.

Larcenet, joyeux drille ou dessinateur mélancolique se lance dans la chronique meurtrière. Avec son talent habituel. Les dessins, en noir et blanc, sont d’une poésie caressante. Heureusement car le propos ne ménage pas le lecteur.

Polza Mancini est un homme complexé mais surtout complexe. Il est accusé d’un meurtre horrible. Il se raconte à deux policiers incapables de comprendre la folie qui habite cet homme épris de liberté à la recherche de l'extase la plus totale. Contemplatif, Polza vit pourtant dans des embrouilles inquiétantes.

Ce second volet nous fait traverser un été à la Pagnol pour le héros. Avec lui, tout est relatif. Un été à la Pagnol, c’est de l’alcool en grande quantité et vivre tout nu dans une forêt privée. Avec un petit tabassage pour le ramener un peu sur Terre.

Puis nous tombons dans un hiver à la Zola. Il rencontre Jacky, un saint homme vendeur de drogues ! Dans sa recherche de plénitude totale et d’exaltation existentielle, Polza continue de chuter dans les excès les plus dangereux et soigne sa candeur de plus en plus border line.

Dans le sordide, Larcenet décortique le beau. Il a l’art de dérouter. Son dessin atteint notre cœur. Il pousse un peu plus loin ses obsessions du Combat Ordinaire. Il observe la misère avec une grâce inattendue. Son héros échappe à tout jugement malgré son quotidien ultra violent. La morale disparait. Et un petit chef d'oeuvre de la bande dessinée semble apparaitre!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 16/04/2011