Pour terminer l’année, le rap et le rock se réconcilient et proposent une alternative aux nombreux chants de Noël ! Avec eux, c’est tout de même la fête !
C’est bien un disque pour Noël. Sur la couverture, on voit une neige poisseuse coulée sur des immeubles. L’illustration est en gris et bleu, des couleurs bien hivernales. Ce que l’on entend dans Blakroc a le mérite de faire chaud au cœur.
Le rock et le rap s’offre une trêve de saison. Ils s’allient pour créer des jolis morceaux modernes chaleureux, à écouter en toute saison.
On entendra, à notre grande surprise, des rappeurs connus délivrer leur message sur une musique inhabituelle.
Les deux cerveaux de The black keys, groupe au rock assez sec, font la paix avec le rap, musique urbaine. Ils savent que l’on y trouve la même racine populaire, révoltée et mythologique. Le son décharné mais vivant du groupe va très bien aux flows variés et inspirés.
Les samples sont bricolés et on reste fasciné par cette guitare qui ne veut jamais baisser de rythme face aux qualités vocales des invités prestigieux. Le commercial Ludacris, les radicaux RZA ou Raekwon et d’autres s’enfuient de leur registre très balisé pour un son vintage mais jamais rétro. Cela sonne parfois trip hop mais les musiciens ont un surprenant sens du groove.
Depuis Aerosmith et Run Dmc, le rap et le rock continuaient de se regarder un peu en chiens de faïence. La fusion n’a pas forcément arrangé les choses. Ici, il émerge une musique pleine de respect et d’harmonie.
La colère des uns s’atténue sur des titres aux allures psychédéliques. C’est un blues bizarre qui apparaît. Sous le soleil d’hiver, il résonne étrangement et rend cette fin d’année un peu moins dégoulinante et routinière.
Les petits anges de Blakroc mélangent leurs rituels et nous font sortir de l’ordinaire.
Ils méritent une petite prière !