La Nouvelle Orléans a blues. Le vaudou. Les prisons. La cuisine cajun. Le détective le plus félin de la bédé se frotte à une mythologie qui a du chien.
Blacksad est chargé de retrouver un pianiste (un Chet Baker avec une tête de bulldog) pour le compte d’un étrange producteur atteint d’un cancer, Faust. Très vite, la Nouvelle Orléans révèlent ses secrets les plus sombres et les personnages les plus atypiques.
Une fois de plus, le talent des auteurs est subjuguant. Les animaux singent les hommes avec une expressivité incroyable et le dessin est une immersion dans l’univers sulfureux des années 50 et ses enquêtes délicates, poisseuses et tout en apparences trompeuses.
On respire cette atmosphère particulière du sud américain. La drogue et la pauvreté rongent les habitants des bas fonds. Blacksad, impérial et stoïque, observe cette misère avec un humour cinglant et une classe que ne pourrait avoir un être humain.
Evidemment dans ce nouvel opus, tout le monde s’entend comme chiens et chats. Mais le talent des auteurs manquaient. Ils prennent leur temps pour soigner leur histoire et surtout des dessins incroyables. Enfin on peut retrouver le flegme du héros et surtout cette représentation animale de toute la mythologie policière américaine. C’est un régal.
Qu’ils soient boucs, chiens, singes, chevaux, hippopotames ou renards, les personnages sont ambivalents, mystérieux et passionnants. En plein carnaval, Blacksad doit démasquer une terrible vérité qui une fois de plus va compromettre les plus riches de la ville.
A la recherche de Sebastian Fletcher, Blacksad nous offre une superbe bande dessinée. Ce tome 4 confirme le génie et l’inspiration des deux auteurs. Il n’y a pas grand-chose à dire de plus mais vraiment tout à lire et tout à voir. Un must !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 18/11/2010