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Lundi 21 Mai 2012Musique

 Black gives way to blue

Black gives way to blue

. ALICE IN CHAINS

(Virgin -2009)

Et ta critique ?




Après le très bon album de Pearl Jam, revoilà un autre vestige des années grunge ! Le métal retrouve la mélancolie électrique d’un groupe marqué par le destin. Les amateurs et les initiés vont apprécier !


Personne n’attendait le retour du groupe Alice in chains.
Né à Seattle, il a surfé sur la vague du grunge initié par Nirvana et Pearl Jam. Face sombre de la musique de Seattle, Alice in chains n’appartenait pas vraiment à cette mouvance : le son était plus proche du hard et heavy metal. Pourtant une grosse dose de spleen faisait la différence.

Avec trois albums, le groupe se découvre une identité forte grâce à des guitares puissantes et des harmonies assez rares dans le genre. Le talent se conjugue avec une noirceur que l’on reconnaîtra étouffante sur un disque "Unplugged" qui ferait passer celui de Nirvana, pour une récréation sur L’île aux enfants.

Mais la tristesse est devenu un deuil après la disparition du chanteur charismatique et torturé Layne Staley. Victime de la drogue, ce chanteur à la voix incroyable ne pouvait être remplacé.

C’est pourquoi les musiciens survivants dont le génial guitariste Jerry Cantrell ont attendu quinze années avant de se lancer dans une nouvelle aventure sous le nom de Alice in chains.

Le nom réveille donc des souvenirs des années 90 et le disque semble redémarrer là où tout s’était arrêté. Du gros rock sale et lourd mais finement ciselé.

Le style du groupe se rappelle rapidement comme une valeur sûre en matière de gros son poilu. Les premiers morceaux rassurent : Cantrell et ses amis ont conservé cette saveur sombre qui fait le charme (pas si) évident d’Alice in chains.

Leur attente est récompensée : William DuVall se débrouille très bien dans le rôle de l’ersatz. Il ramène à la vie un fantôme du rock que l’on a trop vite oublié. Ca psalmodie plus que ca ne chante mais le retour est concluant.

Alice in chains, c’est de la musique d’Outre tombe. Vous avez intérêt à avoir un moral d’acier car les chansons sont costauds mais profondément mélancoliques. La guitare de Jerry Cantrelle remet tous les tricoteurs de six cordes au second rang. Ce type là a vraiment de l’inspiration.

"Black gives way to blue" replace donc Alice in chains dans la légende du rock lourd. L’hommage à leur ami disparu ne sent jamais la redite et la saveur si amère et forte des premiers disques resurgit de nouveau. Même la présence incongrue du piano d’Elton John ne gène en rien de retrouver l’un des plus captivants groupes de (gros) rock des années 90.

Noir mais éclatant.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/10/2009