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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Black belt

Black belt

Shunigi NAGASAKI

avec kihoto Yagi, Tatsuya Naka, Yuji Suzuki et Takayasu Komiya – M6 video – 2007 – 1h30

Et ta critique ?




l n’y a pas que Luc Besson qui fait jouer des professionnels de la baston. Au Japon, on fait la même chose et le résultat est similaire : un nanar à base de bourre pifs. Et encore!


Il ne faut pas deux minutes pour comprendre que les héros de Black belt ne sont pas des acteurs mais de vrais champions de karaté, art martial japonais. Ils sont à l’aise avec leurs poings et beaucoup moins avec le texte.

Les coups sont rapides mais la diction semble un peu lente. Le film doit commencer fort : il débute en fait dans l’hilarité. Trois gaillards défendent leur dojo perdu dans la campagne face à une troupe de militaires un peu trop autoritaires.

Dès qu’un des braves karatékas parle, on voudrait remettre un prix d’interprétation aux Yamakasis. Depuis une dizaine d’années, en dvd, sortent des films asiatiques tout azimut. Les fonds de tiroir sont pillés allégrement. Black belt le confirme en se cachant derrière un classicisme grotesque.

Car rapidement nous sommes dans le cliché éculé avec de l’honneur, de la tradition et de la bonne baffe. Même là, le film déçoit. C’est tout mou comme un maki.

Le film suit le destin des trois kimonos au début des années 30. Il y a le pur, trop naïf, victime d’une trop grande sensibilité. Il y a le corrompu (il a une moustache évidemment) qui oublie trop vite la positive attitude enseignée par son défunt maître au tout début du film.

Ce dernier apparaît de temps en temps pour rappeler à ses élèves les hautes pensées de leur art. Ce n’est plus un sage, c’est Yoda. On n’a pas oublié le troisième : franchement, il ne sert pas à grand-chose si ce n’est qu’il s’entraîne en pleine nature et c’est beau comme une publicité pour les saucisses Herta.

Autrement on a toujours des méchants qui s’en prennent aux pauvres et des militaires qui apprécient le jeu et les geishas. Les voix sont rauques et s’égosillent lorsque les trois combattants font régner la justice.

Si on s’intéresse à ce film, c’est tout simplement pour vous rappeler qu’il faut se méfier des films asiatiques qui apparaissent directement en vidéo : ils mettent souvent KO le bon goût et la cinéphilie !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 16/09/2009