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Jeudi 23 Février 2012Cinéma
Black Swan
Darren ARONOFSKY
Avec Natalie Portman, Vincent Cassel, Mila Kunis et Barbara Hershey - 20th century fox - 9 février 2011 - 1h45
Les commentaires
Roland
Le 05/03/2011
Une multitude d'allégories émerge en effet de ce film, excellent à tous points de vue : jeu, image, scénario, poésie, cruauté, folie... Un grand moment de cinéma.
Et ta critique ?
Natalie Portman souffre pour nous conter la psychose d'une adepte de la perfection. Douloureux.
Après le corps boursouflé de Mickey Rourke dans The Wrestler, le cinéaste Darren Aronofsky s'intéresse à la maigreur d'une danseuse étoile qui a les traits de la douce Natalie Portman. Black Swan amène tout ce qu'il faut pour une performance d'acteur. Un rôle physique et un personnage fragile.
Black Swan est un véhicule pour stars. Mais comme un professeur de danse, il ne ménage pas la star. La comédienne fait un effort à la Robert de Niro ou plutôt à la Christian Bale. Comme l'acteur de Batman dans The Machinist ou Rescue Dawn, l'actrice fait dans la silhouette fragile, souffreteuse et presque inquiétante.
Avec elle, douleur et corps ne font plus qu'un. Avant les effets d'épouvante amenés par le cinéaste, c'est bel et bien le corps de la comédienne qui donne le frisson. Aussi perfectionniste que son personnage, Natalie Portman a dû souffrir et cela intensifie le coté malsain mais fascinant du film.
Perfection. L'enjeu central du film. Le danger qui attend la danseuse. Jusqu'où doit on aller pour atteindre la perfection? La performance est elle un sacrifice? N'est ce pas une folie de viser l'excellence?
Nina Sayers est choisie pour être la vedette du Lac des Cygnes. Rigoureuse, son metteur en scène lui demande de se surpasser. De vibrer. Séduire. Envouter. La sensualité lui manque et le temps aussi. Dans un monde concurrentiel, où la pression est permanente, le rêve de Nina tourne au cauchemar.
Le monde de la danse est dur. Il est ici terrifiant. On retrouve tout le talent du cinéaste de Requiem for a dream pour mélanger fantasme et réalité. Face aux clichés habituels, il décide vite de coller aux chaussons de son héroïne. Inquiète Nina doit s'arracher pour être le cygne blanc puis noir. Littéralement et pas seulement au figuré.
Elle se voit d'abord en double. Il y a bien évidemment son omniprésente mère, portrait frustré et vieillissant d'elle même. Il y a la ballerine qu'elle remplace, gloire déshéritée, haineuse et pathétique. Puis il y a la concurrente, objet de désir, sensuelle et libérée. Mais le jeu de miroirs s'étend.
Les miroirs ensuite renvoient à Nina une image qu'elle ne reconnaît plus. La dualité du rôle ronge son quotidien puis ses pensées. Enfin son corps! Le portrait devient un film d'horreur. Qui emprunte à Dario Argento et Alfred Hitchcock.
Comme eux il n'a peur de l'outrance et filme ardemment une schizophrénie. Depuis son premier film, ses héros se cognent violemment à la réalité et s'échappent dans le fantasme. Cela rend ses oeuvres difficiles mais bien souvent passionnantes. Ce sont des labyrinthes visuels souvent menaçants. Black Swan ne laissera pas indifférent: c'est bien là la grande force du cinéma d'Aronofsky.