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Lundi 21 Mai 2012Musique

 Black Ice

Black Ice

. AC/DC

(Columbia - 2008)

Et ta critique ?




Après Metallica, un autre groupe dinosaure se remet à piétiner le territoire rock après une longue période glaciale. Ca ne sent pas le réchauffé pour autant !

A l’intérieur du livret, on retrouve les trognes de vieux briscards d’AC/DC. Angus Young est toujours dans son petit costume d’écolier. A plus de cinquante ans, ca pourrait être parfaitement ridicule. L’idée fait marrer. Finalement le guitariste est devenu une image d’Epinal et son apparition rassure.

Les autres musiciens du groupe ressemblent à des vieux routiers, habitués aux bitures et aux longues soirées accrochés à un comptoir. Pourtant ce quintet depuis pas mal de décennies fait rugir un rock aussi primaire qu’agressif.

Un bon gros blues rock, pariodiant à ces débuts Led Zep puis développement un son résolument binaire et volontaire. AC/DC ne réfléchit pas. Il joue. Vite et bien. Pour le plus grand bonheur des fans. Leurs chansons se sont frayés un chemin dans les légendes de la culture populaire.

Le groupe australien remplit les salles et les stades à une vitesse ahurissantes. Hymnes glorieux à la beaufitude, AC/DC est un plaisir coupable. Cela faisait plus de sept ans que les frères Young n’avaient rien fait. Cette absence rappelle aujourd’hui l’aspect indispensable de ce rock régressif.

Quinze chansons composent "Black Ice". Elles se ressemblent toutes. Un rock percutant, sans nuance et agréablement primitif. AC/DC est une machine à remonter le temps. Elle nous emmène à cette époque où l’on entend les premiers riffs décisifs d’Angus Young.

Désormais, il a moins envie de faire le guignol. Le groupe se rapproche plus du blues que du rock mais possède encore des ressources franchement insoupçonnées. Aidé par le producteur de Pearl Jam, Brendan O’Brien, le son s’est asséché de tout effet. Le dépouillement permet d’aller à l’essentiel : du rock. Du pur. Du dur. Le groupe se limite à ce qu’il fait : ce n’est pas pour rien que trois titres possèdent le terme rock’n’roll.

Tout cela n’est pas très sérieux mais de toutes les reformations, celle ci semble bien nécessaire tellement elle nous renvoie à des plaisirs et des souvenirs pas si lointains.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 24/11/2008