En attendant le prochain disque de Coldplay, Aaron se révèle être une excellente alternative. Le duo français pourrait dévorer d'autres territoires avec cet album pop.
A cause de leur titre pour le film "Je vais bien ne t'en fais pas", on avait vite catalogué Aaron, groupe pour minettes, artistes plus poseurs que bosseurs. On en voulait un peu à Simon Buret et Olivier Coursier d'avoir fait chanter et pleurer toutes les filles de l'hexagone avec leur spleen musical.
Franchement le second album de ce groupe ne devait pas être une priorité. Il faut le reconnaitre: c'est un excellent disque de pop. Bien entendu, les références britanniques sont évidentes. Ils aiment les rythmes synthétiques comme Radiohead. Ils sont adeptes d'un gloomy rock comme Coldplay. Le chant pourrait rappeler une version juvénile de Stuart Staples des Tindersticks.
Pas mal les comparaisons? Pourtant le duo ne se met pas à genoux devant ses ainés. Ce groupe français a de l'ambition et cela se ressent sur des morceaux tendus et passionnants. Mince, cet album défend un vrai sens de la mélodie et du riff pop. Quelques hits pourraient s'inviter dans les stades.
C'est romantique et épique. Certains devraient continuer à s'agacer. Aaron ne fait pas dans la demi mesure mais respecte bien l'auditeur en lui offrant de belles performances. Sans faire appel à l'orchestre symphonique, le duo continue de chercher l'hymne parfait. Il tente donc des choses. Cela donne un Waiting for the wind to come pas éloigné des Doors. Cela provoque des petits plaisirs intimistes. Cela donne le frisson puisqu'ils ont compris l'écriture britannique: l'efficacité est le mot qui vient obligatoirement après l'écoute de cet album.
Pourtant, Aaron ne pactise pas avec le diable. On n'est pas encore dans la soupe commerciale ou le pop rock standardisé. Le groupe combine envies et ambition. On juge cette initiative souvent comme de l'arrivisme. Mais les chansons sont belles. Justes et équilibrées. Après quelques écoutes, on est séduit à ce sentimentalisme parfaitement exécutés.
Que le populaire se mêle à l'exigence, cela donne de bons disques !