La musique noire pour les nuls ! Le second album du prédicateur Anthony Joseph et son groupe rappelle toute la richesse des sons venus d’Afrique et des îles. Un très beau voyage !
ça réveille ! Si vous avez les matins maussades, essayez l’album du barbu Anthony Joseph. Le musicien convoque tous les ingrédients délicieux de la musique noire. Véro, le premier titre de l’album, vous entraîne sur les terres chaudes de l’afro beat et de la soul caraïbienne.
En plus de réveiller, cela réchauffe sérieusement et cela donne envie de se remuer. Ce que confirme la suite du disque. Le saxophone n’en fait qu’à sa tête et donne du volume. Le blues ici se nourrit du jazz et des virtuosités de Fela Kuti.
"Bird head son" est un formidable concentré des musiques venues d’Afrique d’une manière ou d’une autre. Anthony Joseph, écrivain venu de Trinidad, s’abandonne à tous les styles et réussit à les maîtriser. Le disque pourrait être un guide de la musique noire.
Slam, funk, free jazz, tout se mélange et permet un beau voyage. La guitare est légère et soutenue. Les percussions conservent en permanence un mystère créole. Les cuivres caressent parfaitement nos oreilles et les morceaux savent se calmer.
La grande intelligence du disque, c’est d’éviter la démonstration. Les influences sont nombreuses et évidentes. Elles n’écrasent jamais le chanteur et son groupe. Ils défendent une douce musique pleine d’utopie, de combat et d’énergie.
La voix d’Anthony Joseph est un instrument de plus dans un groupe qui cherche visiblement l’harmonie. Il y arrive très souvent. On retiendra particulièrement le saxophone capricieux qui se promène sur les chansons. On appréciera l’apport de la musique venue des Caraïbes (à quand la réhabilitation de la flute ?).
Rapidement on est bercé par ce son instrumental et faussement nonchalant. L’ombre de Kuti ne finit pas par écraser Anthony Joseph, à la différence des fistons qui tentent de reprendre le flambeau. Les légendes de la musique africaine illuminent le Spasm Band. Franchement le groove de cet album est irrésistible. A la fin de "Bird head son", la culture noire vient de se découvrir la bande originale idéale.
Notre été aussi !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 05/06/2009