Avant d’être le scénariste d’Hellphone, Jean Baptiste Andrea avait réalisé un petit polar canadien. Ce dernier sort directement en dvd. Comédie noire, Big nothing est un petit polar de « rien du tout » mais se révèle très ludique. Pour passer une bonne soirée.
C’est l’éternelle histoire du plan immanquable qui, bien entendu, va se planter dans les grandes largeurs. Dans une ville endormie du Canada, Charlie est un professeur au chômage qui en a assez d’être dépendant de sa femme, shérif de la ville. Il trouve un emploi dans un centre d’appel et tombe sur Gus, hurluberlu qui lui propose un moyen facile de se faire de l’argent.
En effet, Gus a obtenu les connexions aux sites pornos des clients du centre d’appel. Ils décident de faire chanter un révérend pédophile. Ils sont rejoints par Josie, serveuse au fort tempérament. Evidemment le plan ne marche pas et les cadavres vont s’empiler autour du trio complètement dépassé par les événements…
Le refrain est connu mais la ritournelle est assez plaisante. Le réalisateur fait confiance à ses acteurs, tous parfaits dans le rôle de loosers débordés. Cela fait plaisir de retrouver David Schwimmer, droopy humain aux hésitations verbales réellement irrésistibles. En face de lui, Simon Pegg, après l’extraordinaire Shaun of the dead, confirme toute l’énergie qu’il est capable de donner à l’écran. Les filles sont pas mal non plus : on s’amuse de croiser des talents confirmés comme Natasha McElhone et Mimi Rogers, excellente en épouse de pasteur machiavélique.
Tous ses talents gomment les défauts du film. Rien n’est absolument crédible. Les situations sont un peu trop énormes pour être efficaces. Dans l’emphase, du début à la fin, Big nothing s’apparente à un gros délire noir, à la limite de la parodie.
Pourtant, le film profite de certaines fulgurances. Le film ne lésine pas sur l’hémoglobine et sur les morts violentes. L’humour noir est poussé assez loin et Big nothing parvient à surprendre par des choix radicaux, qui permettent au film d’échapper à l’happy end habituel.
Big Nothing n’est pas le chef d’œuvre qui aurait mérité une sortie estivale. Il s’agit d’un divertissement assez inconséquent mais fait avec une vraie sincérité et une bonne humeur, très communicative !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 30/06/2007