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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Bienvenue au cottage

Bienvenue au cottage

Paul Andrew WILLIAMS

Avec Andy Serkis, Reece Shearsmith, Jennifer Ellison et Steeve O’Donnell La fabrique de films – 9 juillet – 1h30

Et ta critique ?




La colline a des yeux ! Et du pudding ! Cette comédie gore fait penser au célèbre plat britannique : il réveille la curiosité mais peut devenir vite écœurant. Mais les habitués sauront apprécier les qualités de cette série B.



Le réalisateur Paul Andrew Williams a un humour typiquement anglais. Il a ce don particulier pour le détail qui fait tout le charme de la dérision d’outre Manche. Avec un papillon de nuit, un tasse de thé (estampillé I love tea) et une cagoule, il transcende les figures imposées.

Car Bienvenue au cottage débute comme ces polars britons avec des dialogues cisaillées et des personnages gouailleurs. Ici, deux frangins kidnappent la fille d’un puissant gangster. Le premier est un père de famille bien rangé. Le second est un malfrat froid et cynique. La kidnappée a tout d’une spice girl au langage fleuri.

Comme d’habitude, rien ne va comme prévu et très vite, interviennent un obèse idiot, deux chinois adeptes des couteaux et des hachoirs et un coiffeur séquestré. La suite sera encore plus délirante…

Car l’auteur a eu la bonne idée de faire bifurquer son film vers le gore le plus absurde et il transforme son film en survival classique mais très anglais dans l’humour.

En passant du polar au film d’horreur, le film parvient à distraire. Il provoque une douce régression et un vrai plaisir pour les amoureux de séries B. Les autres trouveront cela très bête. Ils n’auront pas tort. Cependant les auteurs du films rendent un hommage au cinéma bis avec une vraie sincérité et cela excuse les facilités et les faiblesses.

Le film a aussi l’énorme avantage de donner le premier rôle à Andy Serkis, magnifique acteur patibulaire méconnu malgré des rôles importants au cinéma. Peter Jackson lui a offert le rôle numérique de Gollum puis celui légendaire, de King Kong.

Le rôle d’un dur à cuir lui va très bien et compose avec Reece Shearsmith (qui ressemble bizarrement à Kevin Spacey), un duo très attachant de loosers. Bienvenue au cottage n’est donc pas une révolution mais offre un vrai plaisir honteux à tous les amateurs du genre. Tant pis pour les autres !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 07/07/2008