Premier album en solo pour David Sire. Avec une simplicité poétique qui sort des sentiers battus, le troubadour-chanteur prend le temps de poser dix-huit jolies chansons. « Bidule et l’horizon » est à découvrir.
Les productions W2 nous réservent toujours de belles surprises. Après le magnifique album de Tom Poisson que nous chroniquerons prochainement car il fait incontestablement partie des grands albums de chanson française de 2009, voici son cousin acoustique David Sire.
David Sire faisait partie du groupe Drôle de Sire, puis avec le temps David prépare un projet qui sort des chemins traditionnels : faire de la chanson itinérante à vélo. Le « vélo volant » est né. Une tournée poétique à travers la France pour prendre le temps de vagabonder et de rencontrer les gens. Paris-Sète puis Strasbourg-L’île d’Ouessant, à vélo. Une carriole à l’arrière. Et un théâtre de tréteaux comme il en n’existe plus. Pour voler de ses propres ailes. Créer un espace de rêverie et de méditation entre cirque diurne et mime ambulant.
L’album reprend les chansons de cette tournée pataphysique à contre-courant, avec comme idée forte, l’avancée singulière d’un rythme volontairement différent. Alors forcément, quand David ouvre l’album avec Bouchon dans laquelle il revendique le droit de « pousser le bouchon » et qu’il reprend dès la troisième chanson T’a Katie t’a quitté de l’aïeul Boby Lapointe, on comprend rapidement où se situe David. Du côté des textes. Et de ce côté-là, David oscille entre naïveté enfantine et nostalgie.
Clandestin porte haut les couleurs de la liberté de l’être qui se trompe mais qui ne courbera pas l’échine tandis que Géant, ou Moustache se situent du point de vue de l’enfant qui rêve de devenir plus grand. L’amour n’est pas en reste avec Olga ou L’éolienne.
Paris→Sète explique le départ du chanteur et salue le tonton Brassens tandis que Philistins donne la parole au breton. Musicalement, les klaxons, banjo, kazou, cuivres, scie musicale, tintements de verre, ukulélé, pompe à vélo et trompettes sont de la partie sur des tonalités allant de la ballade acoustique au jazz classique qui rappelle les intentions d’un certain Boris Vian. Ours fait entendre des cuivres jazz-band tandis que l’accordéon chromatique s’offre un chorus sur Tralali pour notre plus grand plaisir. Bidule explore les arrangements circassiens. Tout est possible dans l’imaginaire.
Refusant d’être un « Pinocchio du dernier cri », David Sire assume son allure, le rêve sous le galure. Une drôlerie poétique bornée de simplicité à découvrir. Le dernier titre Le zoo clôt l’album avec un hommage à la relation frère-sœur, un joli duo, un amour de bestiaire... pour album au naturel. A écouter en prenant son temps.
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 23/05/2009