A la poursuite du charisme de Paolo Nutini, le Québécois Bobby Bazini a des arguments pour dépasser l'Ecossais !
Bonny Bazini appartient à cette catégorie d'artistes folkleux (à la mode RTL2) à voix de velours. Des petits gars qui ont des organes incroyables et une envie d'en découdre. Pour eux, pas besoin de faire un tour sur une télé crochet pour être découvert et adopté par le public.
James Blunt et Daniel Powter ont ridiculisé joyeusement la petite bande mais ont rapporté des millions d'euros. De son coté, Paolo Nutinia prouvé que l'on pouvait faire de la musique pour tous avec un talent sûr et une exigence sincère.
Propres sur eux, auteurs de titres convenables, ces chanteurs plaisent aux jeunes comme aux vieux. Ils ont généralement de bonnes références et des influences connues des plus âgés ou érudits.
Bobby Bazini a une bonne gueule. On dirait un Noel Gallagher qui ne serait pas de Manchester. Sur son petit escalier, il fait penser à un chétif Nick Drake. Avec sa simplicité calculé, c'est un petit Dylan venu du Nord de Montréal.
La musique, elle, est un vrai croisement d'influences entre blues, folk et rock. L'acoustique a son importance. Mais un orgue Hammond convoque les fantômes du sud et du blues. Bazini sait s'énerver pour ne pas se faire traiter de chanteur pour minettes.
Mais elles seront nombreuses à craquer pour sa voix chaude, éraillée et ne correspondant pas du tout à ses 20 ans. On pense à Cat Stevens faisant du rock. Un Van Morrison qui voudrait passer sur les grandes ondes !
C'est donc de la vraie pop. De la musique populaire qui pourrait plaire à tout le monde. Bobby Bazini est un jeune homme bien sous tout rapport. Il apprécie les classiques et les célèbre avec des chansons plutôt entêtantes. Lorsqu'on était jeune, on jalousait toujours celui qui jouait de la guitare et qui attirait ainsi les filles.
On peut être un peu jaloux de Bobby Bazini.
Un type sûrement bien !