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Jeudi 23 Février 2012Cinéma

 Benda Bilili

Benda Bilili

Renaud BARRET et Florent DE LA TULLAYE

Sophie Dulac - 2010 -

Et ta critique ?




La veille de leur départ pour la France, ils dormaient encore sur des cartons. De Kinshasa, en République démocratique du Congo, aux Eurockéennes de Belfort, le conte de fée du « Staff Benda Bilili » se raconte à l’écran. Un vrai bijou d’optimisme et de joie de vivre.

 

 

 

 

 

 


Leur lieu de vie, les rues de la capitale congolaise. Leur salle de répétition, le jardin zoologique de la ville. Leur credo : faire du « Staff Benda Bilili » le groupe star du Congo.

En 2005, en sillonnant les rues de Kinshasa, Renaud Barret et Florent de La Tullaye assistent à une scène inattendue, magique, à un de ces moments si forts qu’un projet presque fou va prendre naissance, jusqu’à nous conduire aujourd’hui dans les salles obscures.

Dans la rue, dans la nuit, un groupe d’hommes entre deux âges, sur leurs tricycles de paraplégiques, chantent et font raisonner leurs instruments de fortune, accompagnés par les enfants des rues de passage, charmés par la présence de ces musiciens.

Emmenés par Ricky, le leader du groupe, ils répètent et répètent encore, tant pour le plaisir de l’art que pour passer le temps, tant pour ravir les passants que pour nourrir le rêve secret d’une future célébrité.

Benda Bilili, c’est l’histoire de ces hommes, c’est le récit d’un « Staff » prêt à tout pour vivre la musique, c’est une leçon magistrale de courage et de rires.

Les rélisateurs, qui ont déjà par le passé filmé Kinshasa, nous invitent à suivre la success story de Ricky et ses compagnons, avec les doutes, les lueurs d’espoirs et les ombres de désespoir.

Dans leurs chansons, Coco, Djunan et Ricky, accompagnés par l’instrument home made du jeune Roger, racontent la faim, l’envie de vivre ou les douleurs de la poliomélyte, dont ils sont presque tous atteints. Des mots simples, mais une musique riche et rythmée, touchante et entrainante...

Du centre d’accueil pour handicapés à la rue et ses dangers, du jardin zoologique au studio de répétition, où il est si difficile de se sentir à l’aise, la caméra, avec pudeur, observe le rêve devenir réalité.

Pas de pathos ou d’explication inutile, pas de bla bla psychologique ou d’explication superflue, les réalisateurs sont les témoins silencieux d’une histoire en marche. Une épopée moderne d’hommes et d’enfants démunis qui ne veulent pas cesser de croire. Croire que la musique peut les sortir, au moins ponctuellement, de la misère qui est la leur.

On en reste bouche bée, soufflé par tant d’énergie. Les difficultés semblent glisser sur nos protagonistes, la volonté est à peine ébranlée. Là où nous hurlerions au scandale, ils rient et pensent à demain.   

 

 


Anne Lucie Acar

© Etat-critique.com - 29/07/2011