Dans la veine "hommage à Nestor Burma", Patrick Pécherot publie un quatrième roman particulièrement réussi qui mêle avec bonheur grande et petite histoire.
Paris, 1938, une affaire toute cuite tombe sur le bureau de Nes', privé de chez Bohman : Monsieur Louis Beaupréau a perdu sa fille Aude. En vérité, le capitaine d'industrie ne l'a pas trop perdue et il sait même avec qui est partie "cette petite fleur bleue" avide de romantisme. Aude est majeure et libre de faire ce qu'elle veut… C'est pourquoi la demande est très simple : nicher les tourtereaux (la jeune fille s'est entichée d'un manœuvre peu recommandable) et, en douceur, faire comprendre à la petite que ces enfantillages sont finis et qu'il serait de bon ton qu'elle rentre à la maison… sans trop lui expliquer que c'est papa qui a demandé…
"La conviction qu'il mettait à me prendre pour un con aurait pu être désobligeante, mais pour le prix, il aurait eu tort de se priver"… Voilà comment on accepte une affaire qui paraît simple et qu'on se retrouve en plein "sentier de la guerre". Ce quatrième roman de Patrick Pécherot, le deuxième dans la veine "hommage à Nestor Burma" est une petite merveille. L'histoire est bien trouvée, elle se mêle parfaitement à celle, avec un grand H et on y voit évoluer Breton et autres personnages célèbres. Le travail sur l'argot et le style font douter de l'âge de l'auteur, les personnages sont attachants… une petite merveille, quoi.
Christophe Dupuis
© Etat-critique.com - 10/05/2009