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Lundi 21 Mai 2012Musique

 Being there

Being there

. TORD GUSTAVSEN TRIO

(ECM – 2007)

Et ta critique ?




Dernier volet d’une trilogie musicale indispensable, "Being there" confirme le pianiste norvégien comme une valeur sûre. Il révèle encore un disque plein d’émotions et un moment vraiment magique.


Musique élitiste, voilà souvent l’image donnée au jazz. Quand le jazz provient des pays scandinaves, c’est carrément de la musique ségrégationniste pour bobos à lunettes carrées. Lorsque vous voulez faire écouter Tord Gustavsen à quelqu’un, vous devinerez sans mal un regard sceptique.

Pourtant depuis leur premier album, "Changing Places" en 2003, le norvégien et ses deux complices ont raison de tous les doutes et les préjugés. Leur musique évoque le calme, la mélodie et l’émotion avec une élégance rare et excitante.

Le second album, "The ground" allait dans le même sens et "Being there" conclut une trilogie assez magistrale. Gustavsen renoue avec un jazz élégiaque, où l’inspiration se glisse sous chaque note, où la sérénité ne tombe dans l’ennui.

Car le jazz de Gustavsen va à contre courant de nos habitudes. Le rythme est nonchalant. Ca ne veut pas dire qu’il est maîtrisé. Mais il y a une réelle harmonie entre les trois instruments qui prennent le temps de s’écouter, de se répondre et de s’associer. Ce n’est jamais une performance. C’est une vraie recherche autour de cohérence et de rondeur.

"Being there" présente une musique qui enveloppe l’auditeur. On rentre dans une bulle de tranquillité dont il est difficile de sortir indemne. Car Gustavsen ne s’emporte pas dans quelques effets démonstratifs. On s’étonne à rester attentif à ce piano élégant, à entendre une basse et une batterie moins anecdotiques que d’habitude.

C’est cette amitié entre les trois instruments, et les trois musiciens, qui fait de cet album, une petite merveille. Captivant, minimaliste dans le bon sens et libre, ce disque est d’une grâce inaltérable et s'adresse avec une étonnante facilité au cœur, cible trop ignorée dans la musique.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/07/2007