Avec Ewan McGregor, Melanie Laurent et Christopher Plummer - MK2 Diffusion - 15 juin 2011 - 1h44
Et ta critique ?
Mike Mills nous administre la preuve qu'une comédie sentimentale peut ne pas être complaisante et nous donner du plaisir sans arrière-goût de mauvaise conscience.
Si Mike Mills signe seulement son deuxième film avec Beginners (après Age difficile obscur en 2009), il n'en est pas moins un réalisateur chevronné à qui l'on doit doit plusieurs clips pour Air, Pulp, Everything But The Girl ou Moby, mais également des spots publicitaires pour Levi's, Volkswagen, Adidas ou Nike. Un graphiste reconnu aussi puisqu'il a signé les pochettes de plusieurs albums, notamment pour Sonic Youth et les Beastie Boys.
Autant de pistes qui confirment le caractère largement autobiographique de Beginners dans lequel Ewan McGregor tient le rôle de Mike Mills lui-même, ici prénommé Oliver. Doublement autobiographique même puisque ce sont deux épisodes différents de la vie d'Oliver/Mike qui, à quelques années de distance, se côtoient sans jamais se rencontrer. Le premier évoque le coming out tardif (75 ans) du père d'Oliver qui vivra pleinement sa préférence gay durant les dernières années de sa vie. Le second se penche sur la vie sentimentale d'Oliver qui, après de nombreux échecs amoureux, rencontre en Anna, une actrice française, l'amour probable de sa vie.
Film sur la différence et la solitude, Beginners est tout du long porté par une sensibilité pleine de détachement et de cette autodérision un brin fataliste typiquement anglo-saxonne qui nous ravit toujours. Avec une économie de moyens remarquable et un sens de la trouvaille narrative (la façon de dater ses retour en arrière par l'affichage du portrait du président en exercice à l'époque, les dialogues qu'il instaure entre Oliver et son chien), Mills nous touche sans recourir aux artifices grossiers de la plupart des "comédies sentimentales" américaines.
Alors on se laisse porter par l'atmosphère apaisée de ce film plein d'amour filial et d'amour sensuel. On partage les doutes, les hésitations, les audaces, les joies et les malheurs des personnages principaux. On s'attache aux personnages secondaire : l'amant du père et surtout l'extraordinaire mère "indigne" d'Oliver qui mériterait à elle seule un long-métrage tant sa personnalité hors norme transforme chaque (rare) scène où elle apparaît en moment de grâce absolue. Et on quitte la salle ému et heureux de l'être.