Noir c'est noir. Après les Black Keys, les Blacks Angels, d'autres rockeurs gratouillent en 2010, un son vintage et sombre pour fêter un rock épuré !
Comme les Black Angels, Black Rebel Motorcycle Club est un groupe qui connaît bien le turbulent collectif Brian Jonestown Massacre. Le groupe, découvert par le film choc DiG, est le fer de lance d'un rock résolument marqué par les années 60 et tous ses excès, y compris la drogue et les coups de folie.
Peter Hayes fut quelques temps le guitariste de ce groupe vénéneux. Il s'est vite écarté de cette vie dissolue pour créer le Black Rebel Motorcycle Club, groupe de rock pur et dur avec son ami Robert Turner.
Parce qu'il a l'art de la boucle électrique et du rythme poisseux, le groupe se fait rapidement remarqué mais gère mal le succès. Le batteur fait des allers retours en cure de désintoxication. Virgin les vire après deux disques.
Hayes et ses copains appliquent la règle d'or: sexe, drogue et rock'n'roll. Pourtant en 2005, ils réalisent un disque apaisé, "Howl" qui montre la finesse d'écriture de ce groupe de San Francisco. Un rock sombre mais hypnotique.
Après ce passage acoustique de toute beauté, le groupe redécouvre ses vertus et composent enfin des disques puissants, marqués par une vraie noirceur et une forte personnalité. Le groupe est très apprécié en Europe et l'inspiration ne les quitte plus.
"Beat the devil's tattoo" est leur septième album et fait bouillonner un rock âpre, mélodique et convaincant. Tous les démons du rock se baignent dans cette sauce crasseuse mais vraiment séduisante. Le sortilège est enfin le fort du groupe. Il envoûte en quelques notes.
On croit retrouver les "Stones d'Exile on Main Street". Ce rock sale et fascinant. C'est un blues cradingue ou une country déviante. Le trio a signé un beau contrat avec le diable. De temps en temps, c'est un peu longuet mais BRMC a vraiment un style unique, dans une pure tradition d'un rock vraiment cru.
Au bout du septième, on n'est plus vraiment surpris. Cependant on s'étonne de voir à quel point le son de BRMC est évident, reconnaissable et essentiel. Avec eux, on se fait une bonne dose de rock'n'roll.
Des dealers de plaisir !