RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Be with me

Be with me

Eric KHOO

Avec Theresa Chan, Lawrence Young et Lynn Poh - MK2 - 2005 - 1h30

Et ta critique ?




En 2005, avec une économie de moyens, le singapourien Eric Khoo fait plus fort que les effets de style de Wong Kar-Wai. Un souvenir émouvant.


La France est le premier producteur de film choral. Ce genre qui permet de raconter plein d'histoires et réaliser toutes les idées qui passent par la tête du cinéaste. En France, cela donne des films inégaux.

A Singapour, cela donne un étrange film qui s'incruste durablement dans votre mémoire. Une oeuvre hors norme où le réalisme caresse le beau, où l'être est broyé par les sentiments autant que par une vie inhumaine. C'est aussi pathétique que flamboyant.

Pourtant, il ne se passe pas grand chose. Des histoires d'amoureux frustrés. Le destin d'un gros limite autiste, d'un vieillard endeuillé et d'une jeune fille obsédée par ses textos. Au milieu de ces drôles de personnages, surgit celui de Theresa Chan, sourde et aveugle.

Ce n'est pas un personnage de fiction. Elle livre devant la caméra, une existence impressionnante où son destin lui a donné une force de vivre spectaculaire. Elle devient le référent pour les trois autres histoires, tristes et belles.

De l'adolescence à la vieillesse, le coeur a des blessures profondes et définitives. Dans notre monde, l'amour a de moins en moins sa place. Le manque de communication est une angoisse existentielle. On n'est pas loin d'une vision zombiesque du sentiment amoureux.

Pourtant Eric Khoo décrit aussi les plaisirs de la vie à travers le personnage de Theresa Chan et l'obsession de la cuisine. La nourriture prend une place particulière dans ce film qui glisse paisiblement entre le documentaire et la fiction.

Ce n'est pas un film facile à aborder mais son apparente nonchalance berce le spectateur dans une douce émotion et une véracité de ce qu'il décrit. Cela a beau se situer à l'autre bout de la planète, il y a quelque chose d'universelle qui apparaît et qui nous rassure.

Sans grand effet de stylisation, la vision de Singapour est labyrinthique et fascinante. En bon cinéaste asiatique, Khoo sait filmer les cités urbaines. Le dépaysement est magnifique et l'humanisme du film en sort glorifié. Ce petit film est d'un immense réconfort!



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 18/01/2010