La crise que traverse l'Angleterre inspire son dandy le plus classe de la pop music. Son dixième essai ne s'essouffle pas comme l'économie du pays !
De toutes les pochettes de Divine Comedy, la dernière est la plus affreuse. On y voit ce gringalet de Neil Hannon, en chapeau melon dans son bain avec un gros chien noir! Le chanteur boit la soupe ?
On a eu un peu peur pour lui après son départ de sa maison de production. Très vite il a profité de sa liberté pour réaliser un excentrique disque sur le cricket, "The duckworth Lewis Method". Il a monté sa propre société et s'est vite attelé à ce dixième disque, qui jamais ne décevra.
Comme chaque première écoute d'un disque de Divine Comedy, on est d'abord déçu. Finalement, on se rappelle que l'on a trop été transporté par la collection de chansons mélodiques du précédent essai. L'habitude est bousculé. Pourtant Neil Hannon reste le même.
Sa musique est tout en harmonie avec orchestre et guitare claire. Les chansons sont idéalement photogéniques. Divine Comedy croque le quotidien avec un second degré qui fait tout le charme anglais des disques.
Très vite, "Bang goes the knighthood" révèle ses joyaux. On oublie la pochette et l'humour cinglant de chansons toujours lyriques et tirées à quatre épingles.
Tout en élègance, Neil Hannon nous raconte l'Angleterre de la crise avec The Complete banker, Bang goes the knighthood ou Assume the perpendicular. Il se moque gentiment de l'obsession du profit, les apparences trompeuses et le cynisme qui ronge la société et le monde du travail.
Il rappelle l'humour frappadingue des Monty Python en visant les drôles de moeurs de ses contemporains. Il les transcende grâce à un sens unique de la ritournelle, entre musique de chambre et orchestre symphonique.
L'équilibre fut difficile à trouver. La méthode est bien en place et glisse au fil des titres vers l'optimisme et la joie. Son dernier morceau I like est une déclaration d'amour irrésistible.
Ce nouvel opus offre des supers chansons à chanter tout l'été, comme toutes les cigales qui rêvent de ne pas être des fourmis.
PS: un disque supplémentaire réunit les chansons françaises préférées de Neil Hannon, chantées par lui même en concert. Le choix est bon (Brel, Brassens, Vanessa Paradis???). L'interprétation est parfois hasardeuse mais on est franchement flatté par l'hommage !