Enfin une comédie familiale qui sent bon le cambouis et la testostérone ! A la croisée entre le buddy movie et le road movie, cette production calibrée pour l’été répond aux standards du genre.
Prenez des acteurs sur le retour (Tim Allen, roi de la comédie bien grasse ; Martin Lawrence, concentré de blackitude ; John Travolta, Fonzie en redressement fiscal ; William H. Macy, perdu entre cinéma indépendant et blockbuster navetonneux), mélangez le tout avec une grosse dose de gags vaseux et attendus, enfin saupoudrez d’une pincée de scénario (juste assez pour ne pas rendre le tout indigeste, bien entendu).
Vous obtiendrez Bande de Sauvage, l’histoire de la conquête de l’Ouest par une bande de copains sur fond de crise de la quarantaine.Ceux qui cherchent du contenu profiteront de la climatisation des salles obscures pour reposer leurs neurones.
Depuis l’université, nos quatre comparses ont l’habitude de faire chauffer la gomme sur le goudron des banlieues pavillonnaires américaines. Ils ont des blousons de cuir noir avec dans le dos l’emblème de leur clan. Nos porcs sauvages, puisque tel est leur nom, décident de quitter femme, travail et enfants afin de retrouver ce vent de liberté que seuls les vrais rebelles savent apprécier. Ils croiseront sur leur chemin un flic homosexuel, une bande de vrais motards qui sentent la bière et le kérosène et une vraie ville du Far West remplie d’habitants sortis tout droit d’une attraction de Disneyland.
Sur une bande originale à l’épreuve de l’asphalte, best of de tous les chevelus incontournables qui font crier leurs guitares, le film ne prend pas de pause, enchaînant les gags avec plus ou moins de réussite. La satire manquant à l’appel, la vision stéréotypée de l’amitié virile sert de squelette à une réalisation dynamique qui est efficace à défaut d’être originale.
Formaté pour l’américain moyen, cette comédie peinera peut-être à trouver son public français. Ce séminaire de développement personnel pour quadras enchantera les amateurs de liberté sous cellophane mais les autres trouveront que l’ensemble sonne un peu creux. Toutefois, la bonne humeur communicative des acteurs vous permettra de ne pas bouder votre plaisir. Après tout, en été il ne faut pas s’attendre non plus à des miracles cinématographiques.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 14/06/2007