Avec Florence Muller, Bruno Podalydes, Olivier Gourmet et plein d'autres - UGC - 8 juillet 2009 - 1h50
Et ta critique ?
Troisième film de Bruno Podalydès sur Versailles et ses habitants, Bancs publics observe l’absurdité de nos petites vies modernes. Avec un humour plein de nostalgie.
Deux vieux messieurs se retrouvent dans un parc pour jouer au baggamon. Il plaisantent sur l’existence. Une professeur d’anglais retrouve un ancien élève et elle continue à se moquer de lui. Deux adolescents s’observent en silence, découvrant sûrement leur premiers émois.
Dans le même jardin, un clochard braille. Deux gars tentent de draguer. Deux types s’amusent avec des petits bateaux téléguidés. Des enfants multiplient les jurons devant des mamans à peine concernées.
Autour d’une petite étendue d’eau, des hommes et des femmes circulent et exécutent une danse absurde du quotidien. Les jeunes, comme les vieux, regrettent les aléas de l’existence, se plaignent et ne remarquent pas la portée burlesque de leurs gestes et de leurs mots.
Bruno Podalydès, si ! Il revient à ses premiers amours versaillais après les adaptations du Mystère de la chambre jaune et Le parfum de la dame en noir. Il se remet à observer ses contemporains et leurs angoisses qui les poussent souvent à réagir bizarrement.
Le quotidien est une source insoupçonnée de petites comédies et grands moments burlesques. Podalydès les met en avant avec une science légère et très agréable.
Pour filmer toutes les étrangetés drôlatiques, il suit une comptable, Lucie. Elle débarque dans son bureau. Rapidement toute l’entreprise tourne au ralenti car tout le monde est intrigué par la pancarte affichée sur l’immeuble d’en face : Homme seul !
La solitude est le sujet du film et il n’est pas nouveau. Cependant Podalydès justifie ainsi un cinéma mélancolique, qui convoque le sens de l’observation de Tati ou les justes croquis de Sempé.
Lucie va donc pique niquer dans le jardin décrit plus haut puis elle va faire une course dans un magasin de bricolage. Entre le boulot, le déjeuner et la course, Lucie croisera des personnages perdus, drôles et singuliers (interprétés par le gratin du cinéma français).
Podalydès décrit les drôles de mœurs dans les entreprises et s’excite avec le mode de consommation extrêmement curieux des hommes dans les grands magasins.
Dans le jardin, on devinera des petits drames intimes, plus touchants mais toujours récréatifs. Bancs publics est le film d’un grand enfant (cherchez la fusée de Tintin qui apparaît dans plusieurs plans). Il colle parfaitement à la saison comme ce fut le cas de Liberté Oléron. Bancs publics est une invitation à se poser et se trouver un peu de poésie et d’humour dans nos mornes existences, si excentriques si on s’arrête un peu… Bancs publics est le meilleur espace détente actuellement.