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Dimanche 05 Février 2012Art-scène

 Bamboo Blues

Bamboo Blues

Pina BAUSCH

Pina Bausch Bamboo Blues Théâtre de la Ville – 2 place du Châtelet Du 16/06 au 02/07/2008

Et ta critique ?




Pina Bausch enchante un Théâtre de la Ville bondé avec Bamboo Blues, un beau spectacle, exotique, enthousiasmant et remarquablement dansé.

On a connu Pina Bausch dans des productions aux décors incroyables : 8.000 œillets plantés un par un sur le plateau de Nelken (1982), 80.000 orchidées sur la scène du Laveur de carreaux (1996).

Ici, les éléments de décor sont épurés et peu nombreux. Seules quelques images sont projetées sur la scène vide ou sur l’immense drapage blanc qui ondule doucement au vent et qui tapisse le fond de la scène.

Pas besoin d’artifices, comme si la chorégraphe avait résolument décidé de se concentrer sur la danse, rien que la danse. Et c’est tant mieux ! Quel plaisir en effet de voir cette danse douce et sensuelle ; car la sensualité semble être le maître mot de Bamboo Blues : sensualité séductrice des tenues (robes longues et colorées de danseuses, sari qui relève la beauté des corps lorsque les danseurs traversent la scène comme pour un défilé de mode), sensualité et moiteur du bain de vapeur, sensualité exotique de cette Inde à laquelle Pina Bausch rend un hommage joyeux et apaisant.

Pina Bausch ne tombe pas cependant dans la bluette mièvre. Elle ne fait pas l’impasse sur la violence ni sur le kitch de l’Inde moderne. Pour autant, elle se concentre majoritairement sur une Inde sublimée et enchanteresse (les corps sont en lévitation, la prestidigitation des fakirs touche à la magie…).

Bien sûr tout n’est pas parfait. On regrette u peu que les danseuses prennent parfois la parole pour s’adresser aux premiers rangs, ce qui casse u peu la magie. On trouve dommage, aussi,  d’un danseur surgisse en rollers… Mais dans l’ensemble on sort béat et enchanté de ces deux heures de spectacle onirique.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 04/07/2008