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Lundi 21 Mai 2012Art-scène

 Ballet de l'Opéra de Lyon

Ballet de l'Opéra de Lyon

William FORSYTHE

Second detail (1991) 14 danseurs - Duo (1996) - One flat thing, reproduced (2000) 14 danseurs - Théâtre de la Ville, 2, Place du Châtelet 75004 Paris - Du 7 au 10 avril et du 14 au 16 avril 2009

Et ta critique ?




En trois pièces emblématiques, le ballet de l'Opéra de Lyon offre à William Forsythe un hommage éblouissant sur la scène du Théâtre de la Ville.


Installé à Francfort depuis plus de trente ans, l'Américain William Forsythe, d'abord danseur puis chorégraphe, y poursuit sans relâche ses recherches formelles sur la danse contemporaine. Imposant son écriture et sa vision, réinventant le ballet, se rapprochant de la comédie musicale et du théâtre, il n'a de cesse de déborder les cadres souvent étriqués d'un art pourtant porteur de tous les possibles.

La série de représentations proposées par le Ballet de l'Opéra de Lyon au Théâtre de la Ville balaie dix ans de création, peut-être les plus fructueux, d'un artiste qui a révolutionné son art dans les années 80.

Ainsi Second detail, sorte de ballet gris clair (1991) donne à voir vitesse et virtuosité, déferlement de pas et combinaisons multiples. Le décor monochrome, la rangée de chaises alignées en fond de scène, le panneau "THE" au premier plan, ritournelle entêtante de Thom Willems, effets de diagonales des danseurs … Tout concourt à un envoûtement hypnotique brusquement rompu par une danseuse en robe Issey Miyake qui achève la pièce au sol, les bras en croix.

Duo (1996) vient ensuite, en trait d'union de la soirée, offrir le spectacle fascinant de deux danseuses vêtues de noir, reflet l'une de l'autre, complémentaires et différentes, dialoguant à distance ou en corps-à-corps, troublantes de grâce suspendue…

Enfin, la soirée s’achève avec le feu d'artifice One flat thing, reproduced (2000), parcours d’obstacles entre des tables aux arêtes tranchantes, chaos (in)organisé, furie tempétueuse menaçant à tout moment de submerger ses protagonistes et le public. Cette profusion de couleurs et ces chorégraphies dispersées aux quatre coins de la scène affole le regard comme la musique concrète, agressive presque, de Thom Willems affole l'oreille. One flat thing, reproduced fonctionne comme une véritable décharge d'adrénaline où la maîtrise le dispute à la folie.



Ce big-bang final, magnifique illustration du talent particulier de William Forsythe pour domestiquer et ordonner magistralement le désordre apparent de chorégraphies intenses et complexes, est porteur du plaisir quasi-animal que lui seul sait procurer avec une telle force.


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 16/04/2009