La fusion refait surface de manière musclée avec ce joyeux groupe français. Un recyclage convaincant !
Ca se passait dans la deuxième partie des années 80. Fishbone prouvait alors que les noirs pouvaient s’énerver avec des guitares acérées. Living Color tricotait un rock fiévreux tout en solos acrobatiques.
Un peu plus tard, les Red hot sortaient de l’ombre. Le rock se mélange avec le funk et la soul. Les genres se lovent et donnent d’étranges résultats parfois spectaculaires et inventifs comme Faith no more.
C’est au groupe de Mike Patton que l’on pense à l’écoute de "Bad porn movie trax", album protéiforme de Shaka Ponk. Le premier titre rappelle les balbutiements de la fusion. Puis cela se complique.
Exilés à Berlin, les Français de Shaka Ponk n’ont pas peur des gros riffs brûlants qui feront soulever les foules d’ados rebelles. Ils s’amusent aussi à renverser sur leurs chansons des touches d’électro, de rap et autres styles plus ou moins à la mode.
Ils tentent des alliages fragiles et cela fonctionne plutôt bien. Le groupe a toutes les qualités pour reprendre le flambeau de la FFF, institution qui s’est rapidement essoufflée. La formule de Shaka Ponk a l’air nettement plus fiable.
En se glissant dans tous les genres, Shaka Ponk déforme idéalement les succès de la radio. Difficile de résister à leur parodie de Naïve new beaters et autres groupes maniérés de électro-pop, How we kill stars.
Malgré les apparences de groupe foutraque à la Ska P (un bémol pour la pochette), Shaka Ponk possède une écriture culottée avec des sons qui n’auraient pas déplu aux pionniers de la fusion justement
Si les tubes semblent évidents, il apparaît un vrai goût pour l’expérimentation qui fait réellement plaisir à entendre. Franchement les ados ont de la chance d’avoir ce groupe pour accompagner leur crise et leur vie tourmentée…
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 02/10/2009