Vestige usé de la période grunge, Pearl Jam revient peu à peu à la vie. Eddie Vedder et ses potes ont retrouvé le plaisir d’un rock vif et débridé !
L’année dernière, le groupe de Seattle, célèbre concurrent de Nirvana au début des années 90 (chanteur torturé, guitares ciselées, inspiration rugueuse), sortait une édition spéciale de "Ten", leur premier opus et célèbre disque au succès foudroyant.
La nouvelle écoute du disque permettait d’observer le tarissement du groupe au fil du temps. Les successeurs de "Ten" n’ont jamais été à la hauteur malgré quelques hits indispensables et d’autres morceaux corrects.
Si Pearl Jam a une solide réputation sur scène et défend une ligne dure contre l’industrie du disque bien avant l’arrivée d’internet, les albums studios sont marqués par une nonchalance de plus en plus inaudible.
En 2006, le groupe se reprend avec un album joliment produit et Pearl Jam décide d’être un bon élève en studio. C’est ce que confirme ce "Backspacer", neuvième essai qui marque le retour de leur tout premier producteur, Brendan O’Brien.
Critiqué pour son travail avec Springsteen, Brendan O’Brien comprend l’approche de Pearl Jam. Ils aiment jouer vite et fort et dégager une énergie quasi primaire, ce qui fait du groupe, un parent (pauvre) de Neil Young, roi de l’expérimentation électrique.
Cette recherche d’instants primitifs gâchait les précédentes productions. Ici, tout est maîtrisé. La musicalité est enfin acceptée par le groupe. Brendan O’Brien contient les assauts des guitares dans des mélodies de nouveau entraînantes et agréablement américaines. En 37 minutes, le groupe joue vite, fort et bien !
Le travail sur la BO d’"Into the wild" semble avoir marqué Vedder. L’élection d’Obama aussi. Engagé, le groupe apparaît enfin apaisé.
Il s’essaie avec réussite à des ballades, élégantes et parfois magnifiques (Just Breath). Les musiciens jouent enfin ensemble et une harmonie se dégage avec puissance de ce disque qui rappelle à l’ordre les premiers fans et pourrait faire de nouveaux adeptes.
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 04/10/2009