16.999 personnes en extase à Bercy. Plus un râleur jamais content: moi !
Sans vouloir gâcher le trip de mes amis Caduf et Sébastien: quand je lis leurs appréciations du concert de Paul Mc Cartney au POPB je ne m'y retrouve pas du tout ! J’ai comme l’impression d’être un peu passé à coté de la magie du concert. Peut être parce que je ne suis pas fan du bonhomme et que je n’ai pas écouté les Beatles pendant des heures à l'adolescence.
Déjà, je n'ai pas le sentiment d'avoir vu Mc Cartney "en vrai". Tout ce que j'ai vu, et pourtant j'avais mes lunettes, c'est un tout petit bonhomme blanc en haut et bleu en bas. Peut-être aurait-il fallu prévoir des jumelles, voire un télescope !
De là où j'étais (c'est-à-dire tout au fond du POPB), je n'avais pas le plaisir de voir les talonnettes de la star ni la qualité de l’étoffe de sa magnifique veste bleue. Heureusement qu'il y avait les écrans géants pour me permettre de voir le bon état de conservation de l'icône vivante !
En parlant d'écran géant, j'avoue ne pas avoir goûté les films illustrant les chansons. Tout cela donnait un peu l'impression d'être devant une série de clips...
Voilà pour le côté "visuel" de l'affaire. Malheureusement, l'aspect musical des choses n'a pas permis de racheter la soirée...
Peut-être est-ce lié à mon positionnement dans la salle, mais j'ai entendu du très très mauvais son, à part quand Mac Cartney était en solo. Tout était saturé. Fatiguant.
Voilà pour le côté "musical" de l'affaire. Et pour le côté « performance », me direz-vous?
Côté show pur, j'ai vu des mecs faire leur boulot sans passion. Ils enquillent les morceaux un peu comme s'ils étaient à l'usine. Aucune émotion, aucune magie. Très frappant de voir que les deux guitaristes (le vieux beau et le très moche dont parle Sébastien dans sa chronique) n’échangeaient rien, qu'ils étaient chacun à une extrémité de la scène et donnaient l'impression de faire le service minimum (si ce n'est la longueur, je l'admets).
A part ça, on a eu un joli réveil en forme de feu d’artifice sur fond de « Live and let die ». Très joli.
Il y a quelques semaines, un ami m'a fait découvrir les mercredis du jazz au cercle suédois. Là j'ai pu voir des gens qui se donnaient à fond et qui transpiraient la joie de jouer, de s'amuser avec la musique. Ils ne se contentaient pas de dérouler le fil d'un show archi rodé.
Et je ne vous dirai pas, même sous la torture, que ce concert m’avait coûté 10€, au lieu des 100€ réclamés par Lord Mc Cartney, ce serait mesquin !
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 15/12/2011