Cette compilation qui retrace de manière exhaustive les enregistrements des Kinks à la BBC de 1964 à 1977, comporte suffisamment de grands moments pour mériter qu'on s'y attarde.
D'autant que les producteurs ont pris soin de favoriser les chansons jouées en direct ou qui comprennent peu d'overdubs. Ce choix permet d'apporter une nouvelle fraîcheur aux titres les plus connus. De plus, l'ensemble a été soigneusement remasterisé par Ray Davies en personne.
Consacrer un disque entier à l'après 1970, soit la période la moins féconde des Kinks, aurait pu aboutir à déséquilibrer les deux volumes. En effet, il ne fait aucun doute que les années soixante constituent la période dorée du groupe et ce ne sont pas les versions de Days, Monica ou Death of a clown qui viendront contredire cette évidence. D'autres versions viennent même conforter la légende, comme la reprise endiablée de Love me 'til the sun shines de Dave Davies et la magnifique version de The Village Green Preservation Society, extrait du légendaire album du même nom.
Le second disque comporte, en plus des émissions préenregistrées, des extraits de concerts donnés par les Kinks. Et bien que je sois moins sensible au répertoire de cette période, ces concerts comportent eux aussi leur lot de bonnes surprises. Car s'il est vrai que l’on constate une baisse très nette de la qualité des compositions (on peut aussi regretter que le groupe soit accompagné de choristes un peu trop présentes), cette période comporte de grands moments illustrés ici par une interprétation de Holidays particulièrement touchante et une version de Money talks de 1971 qui fait penser à du pré-Sons of the Desert version Ewan Shields au chant. À noter également deux petites curiosités datant de la fin des années soixante : Did you see his name et When I turn off the living room lights, toutes deux excellentes.
Ce BBC sessions est pour tous ceux qui veulent se plonger dans l’œuvre des Kinks, une porte d’entrée plus intéressante que les simples compilations de hits. Compilations qui finissent rapidement par devenir obsolètes avec la découverte des albums originaux qui, eux, demeurent indispensables.