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Lundi 21 Mai 2012Cinéma

 Away we go

Away we go

Sam MENDES

Avec John Krasinski, Maya Rudolph, Allison Janney et Maggie Gillenhall - Mars distribution - 4 Novembre 2009 - 1h30

Et ta critique ?




Cette comédie réjouissante accomplit le parfait mélange entre humanisme profond et cynisme carnassier. Très justement acclamé par la critique, ne vous privez pas d'une heure et demie de pur plaisir.


Imaginez un gentil petit couple ayant dépassé la trentaine qui avait, jusque-là, bien planifié le reste de leur vie commune, progéniture incluse.

Insérez un grain de sable dans les rouages à mi-grossesse et observez ce qui se passe. Contraints de tout remettre à plat, ils décident de rendre visite à leurs proches afin de trouver un havre de paix où reconstruire le nid familial et accessoirement un modèle acceptable.

Mais la source du bonheur semble s’être tarie au pays de l’oncle Sam et l’exemplarité parentale n’est plus ce qu’elle était (ou ce qu’elle n’a jamais été). Sous la forme d’un road movie, Sam Mendes propose une chronique douce-amère sur la quête de soi à travers la vie des autres.

Mais ce n’est bien sûr pas par là qu’il faudra chercher la réponse. Ce Britannique converti à la culture américaine aime à décortiquer sa terre d’adoption, empreinte de paradoxes et d’ambiguïtés.

À l’instar d’American Beauty ou Jarhead, la violence est un thème récurrent et lancinant. Dans ce film, cette dernière est sociale, livrant une vision des États-Unis plongés dans un marasme économique et une morosité ambiante qui confine à la dépression caractérisée. À côtoyer les bassesses de leurs concitoyens, entre racisme (Burt et sa compagne forment ce que le politiquement correct étiquetterait comme un « couple mixte ») et dévotion au matérialisme, on se demande où notre couple puise l’énergie pour continuer.

Mais la réponse, évidente dans sa simplicité, est parfaitement mise en lumière avec une louable sobriété et sincérité. Car si le metteur en scène égratigne une fois de plus l’American way of life, il le fait avec grâce et poésie.

On retrouve avec plaisir le réalisateur loin de sa narration habituelle, mais réussissant toujours à nous faire rentrer dans son récit et dans la vie de ses personnages.

Au rythme d’une bande-son folk très agréable, ce film plaira autant à ceux qui sont passés par ce parcours du combattant qu'est l'accession à la parentalité que ceux qui s'y refusent. Mais il est difficile de dire si ces derniers ne changeront pas d'avis en cours de route, même quand la joie le dispute à la tristesse. Comme dans la vraie vie en somme.



Vincent Valat

© Etat-critique.com - 03/11/2009