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Lundi 21 Mai 2012Musique

 Avatars

Avatars

William SHELLER

(Mercury - 2008)

Et ta critique ?




Toujours dans ses rêveries symphoniques, William Sheller continue de combiner des traditions éloignées. La surprise est toujours au rendez vous !

William Sheller a des airs de vieux monsieur chagriné pourtant son visage sombre cache de la malice et du plaisir. Sheller apparaît un peu prétentieux et hautain. C’est un vrai explorateur, dans le sens noble du terme.

Il s’aventure dans des contrées mystérieuses, ou qui, en apparence, ne pourraient pas lui convenir. Dans les années 90, on l’a vu s’essayer au rock, gras, costaud et viril. Son spleen le pousse à tenter des incursions, rarement hasardeuses et souvent fascinantes.

"Avatars" est encore un carnet de voyage. Entre le classique et la pop. Il entoure ses nouveaux morceaux, d’une musique élégante, classique et secouée par une guitare espiègle. Généreux, l’auteur d’Un homme heureux grimpe à toute allure vers une musique flamboyante.

Les arrangements nous entraînent vers une douce rêverie. Il propose des petits contes sonores, des petites fêtes pour mélomanes ou du classique pour amateurs de pop anglaise. Il invite les grands compositeurs chez les Beatles.

Après le minimaliste "Epures", William Sheller transforme ses angoisses existentiels en orchestre jubilatoire. Il célèbre les petits riens avec une emphase chaleureuse. Le bonheur est communicatif. Les mélodies sont entêtantes et la pop se marie bien avec la langue française.

Un peu savant fou, William Sheller ose et cela marche une fois de plus. Sa douce folie et son exigence musicale font des merveilles. Il se fait plaisir et ça nous fait plaisir. Car sa musique ne ressemble à rien de connu.

Comme sur la pochette de l’album, il pratique des mélanges bizarres mais le résultat ressemble à une savoureuse promenade en territoire inconnu.

Protéiforme, William Sheller reste un artiste atypique et inattendu. Après 30 ans de carrière, c’est pas mal !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 26/01/2009