RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Vendredi 18 Mai 2012Livre

 Au piano

Au piano

Jean ECHENOZ

Les Editions de Minuit - 223 pages

Et ta critique ?




Au piano est un roman drôle et poétique de Jean Echenoz, modèle de talent littéraire et de modestie médiatique dont on ne vantera jamais assez les mérites.


Max est pianiste. Pas n’importe quel pianiste : un grand pianiste. Un virtuose dont les concerts sont des événements et dont les enregistrements font date. Pourtant, Max est seul et terrorisé à chaque fois qu’il doit monter sur scène. Alors, pour se donner un peu de courage, il boit. Un peu trop parfois, malgré la surveillance bienveillante de Bernie, véritable « babysitter » mandaté par son agent.

De cette vie solitaire, il ne lui reste que quelques semaines à vivre quand s’ouvre le dixième roman de Jean Echenoz publié en 2003. Ce n’est pourtant pas cette courte période que l’auteur se propose de nous narrer par le détail, mais plutôt ce qu’il advient « après » de notre artiste émérite et prématurément disparu.

Jolie fable légère et fantaisiste, Au piano est de ces romans ciselés comme des miniatures drôles et fragiles dont l’auteur à le secret. En peu de mots, nous voilà proches de Max, ses amis dirions-nous. Nous voilà prêts à le suivre dans ses pérégrinations et dans l’au-delà qui lui tend les bras.

Ce sens de la narration et cette capacité à laisser son histoire emprunter des chemins inattendus, évoque la meilleure période d’un Paul Auster, par exemple, le sens inné d’un phrasé subtil et élégant en plus.

Ce talent, dont ses admirateurs se délectent depuis Le méridien de Greenwich (1979) éclatera avec plus d’évidence encore à partir de 2006 lors de la parution de Ravel, le premier volume de son triptyque biographique qui se poursuivra avec Courir (2008) et Des éclairs (2010).

Jean Echenoz est depuis longtemps l’un des meilleurs écrivains français vivant. N’attendons pas son éventuelle disparition prématurée (en imitation du pauvre Max) pour nous en délecter. D’autant qu’il y a malheureusement peu de chance que son destin post-mortem ressemble de près ou de loin à celui du personnage central de Au piano


Jo Brumaire

© Etat-critique.com - 30/05/2011