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Vendredi 18 Mai 2012Musique

 Au Théâtre des Bouffes du Nord

Au Théâtre des Bouffes du Nord

William SHELLER

Du 16 mars 2010 au 20 mars 2010

Et ta critique ?




Avec son Steinway, William Sheller nous donne une leçon de modestie et de discrétion. Impérial.

Il y a des théâtres clinquants, où l’épaisseur du velours le dispute aux ors et au brillant des lustres. Et puis il y a les Bouffes du Nord.

Il y a les chanteurs forts en gueule ou ceux qui nous séduisent à grand renfort de cuivres et de batterie. Et puis il y a William Sheller.

Les Bouffes du Nord sont un théâtre magnifique, une très belle salle intimiste et dépouillée où tous les artifices ont été a rangés et où l’on se concentre sur l’essentiel.

Comment une telle salle aurait pu ne pas inspirer William Sheller ? Lui qui – malgré son indéniable talent pour la composition et les arrangements orchestraux - n’a jamais été aussi bon que lorsqu’il revient à l’essentiel : au piano et à la voix.

William Sheller ne joue pas la vedette : pas de première partie, pas de jazz band ni d’orchestre symphonique. William Sheller est venu pour rencontrer son public, et pour se livrer humblement à lui.

Les gens lui demandent souvent d’où lui viennent ses chansons. Alors William Sheller nous explique, tranquillement, comment se joue la création. Il multiplie les anecdotes et se met, au passage, le public dans la poche. Il explique que cela tient parfois à pas grand-chose :  Mon hôtel , qui décrit l’ennui d’une chambre d’hôtel entre deux dates d’une tournée passée,  J’cours, tout seul qui lui a été inspiré par le cauchemar récurrent d’un train qui le poursuit,  Maman est folle… que répétait en boucle un gamin venu troubler sa sieste sous un arbre…

William Sheller ne se place pas au dessus du public, il ne prend pas la pose pour être adulé mais cherche à créer un lien intime avec son public qu’il parvient à émouvoir véritablement. C’est bête à dire mais son interprétation de Vienne, de Barbara, est tellement empreinte d’une émotion, d’un respect et d’une nostalgie non feints, qu’elle émeut aux larmes.

Sans fioritures ni artifices (tout au plus quelques jeux de lumière dont on aurait pu se passer sans problème), William Sheller nous fait passer un moment magique.









Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 31/03/2010