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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 Astérix aux jeux olympiques

Astérix aux jeux olympiques

Thomas LANGMANN et Frédéric FORESTIER

Avec Benoit Poelvoorde, Clovis Cornillac, Gérard Depardieu et Alain Delon Pathé distribution – 30 janvier 2008 – 1h53

Et ta critique ?




Ils sont fous, ces gaulois ! Bien entendu on nous parle du casting et du budget mais on fait bien attention de ne pas discuter de la qualité du produit. Voilà ce qu’est le troisième Astérix : un produit de consommation pour tout le monde mais ne plaira à personne !


Il faut au moins un quart d’heure avant de voir le fier gaulois et son placide complice. Avant Stéphane Rousseau, puis Benoit Poelvoorde tentent de nous faire rire, en glissant dès qu’ils le peuvent. Alors toutes les minutes, ils tombent. Les moins de dix ans rigoleront, les autres seront un peu sceptiques.

Astérix et Obélix sont comme nous dans ce troisième épisode : des spectateurs. Le scénario se débrouille très bien sans eux. Du moins, il se passe des deux figures héroïques pour se consacrer au méchant. Dans le précédent, Jamel Debouzze faisait le show. Ici, c’est Poelvoorde qui est convoqué pour brailler et jouer l’hystérique. Il y arrive très bien… jusqu’à l’épuisement.

Lui-même n’a pas l’air convaincu par ses grimaces. Le spectateur va vite se lasser. Les petits eux continueront de rigoler mais s’ennuieront peut être.  Les grands trouveront Alain Delon très bien en Jules César. Ils tenteront de reconnaître tous les guests qui font des apparitions avec des blagues de plateau de télévision.

Jamel Debouzze représentait l’humour de Chabat qui collait très bien à l’esprit de la bande dessinée. Là, on est loin de l’esprit satirique. Enflé par son budget, ses effets spéciaux (en toc) et son casting européen (il y a obligation de résultat), Astérix aux jeux olympiques ne divertit jamais : il reste coller à sa nature de blockbuster local.

Il y a zéro prise de risque. Les acteurs sont étouffés dans les énormités de toute sorte. Le film n’a aucun rythme car il ne sert finalement qu’à mettre en avant des comiques de tout poil et pas tous inspirés. C’est une œuvre à la ramasse, morose et conçue comme une publicité. On regrettera d’autant plus que Clovis Cornillac est assez séduisant en Astérix.

Fait de compromis, le film ennuie poliment. On regrette le deuxième volet et les auteurs aussi : à la fin, l’apparition de Jamel et ses amis sportifs finit par faire rire. En cette année de jeux controversés à Pékin, ce spectacle est presque aussi pathétique et nous questionne sur notre rôle de consommateur asservi !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 31/01/2008