On continue notre sélection de films frigorifiés. Avant sa saga Mesrine, Jean François Richet a mis sa doudoune pour traverser une série B musclée et enneigée.
Avant d’être le réalisateur des deux films sur l’ennemi public numéro un, Jean François a longtemps nourri le projet d’adapter le film de John Carpenter, Assaut, un thriller urbain sec des années 70.
En débarquant à Hollywood, le cinéaste, plutôt soucieux du social, se plie poliment aux règles du film d’action. On ne reconnaît pas beaucoup l’univers âpre de Carpenter. Le début fait même craindre le pire avec un héros meurtri et stéréotypé.
Comme d’habitude, le remake se sent obligé de bien expliquer ce qui restait obscur dans l’original. Heureusement lorsque le film se concentre sur le concept même du film, l’ensemble reprend du poil de la bête.
Assaut sur le central 13 est un film viril, avec des personnages simples mais redoutables. On appréciera particulièrement l’ironie mordante des vieux briscards joués par Lawrence Fishburne et Gabriel Byrne.
La saveur vient de quelques caractères forts et plaisants. Les compromis apparents sont doucement gommés et Richet retrouve un peu l’aspect subversif de Carpenter lorsqu’il élimine violemment l’héroïne du film.
Mais la grande idée du film, c’est l’isolement total des protagonistes. La neige devient un élément essentiel de la singularité de l’œuvre. Le scénario peut prendre des libertés par apport au film de Carpenter (une histoire de ripoux qui veulent assassiner un gangster). La violence devient sourde et primitive.
Cela ne donne pas le chef d’œuvre du film d’action mais une œuvre qui sort un peu de l’ordinaire, qui s’échappe par son blanc manteau de l’esthétique habituelle. On peut trouver ça débile mais, par grand froid, cela fait un bon petit dvd pour lendemain de réveillon. Bonne année !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 31/12/2008