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Jeudi 09 Février 2012Musique
Arthur or the decline and fall of the british empire
The KINKS
(Essential records – 1969)
Et ta critique ?
Un an après le Tommy des Who, les albums concepts se multiplient. Eternels numéros trois de la période dorée de la pop, les Kinks en profitent pour sortir le plus discret des chefs d’œuvre.
Au début, Ray Davies, le leader des Kinks voulait réaliser une fiction, inspirée par le destin de son beau frère, parti d’Angleterre pour l’Australie. Il avait tout préparé et au tout dernier moment la production fut annulée par une télévision frileuse. Heureusement, Davies avait pensé d’abord à la musique du film.
"Arthur" sera donc un album concept un peu malgré lui. Un opéra rock entièrement à imaginer. Le disque sera en 1969 un album de pop complètement débridé. La musique, prévue avec des images, joue avec la surdramatisation.
"Arthur" est un disque emphatique dans le fond. Davies en fait des tonnes et c’est tant mieux. Car le bonhomme et ses camarades ont toujours fait preuve d’humour. Bien plus que les Beatles. Ce sont un peu les clowns des années 60.
Mais ils ne sont pas les moins doués ! Victoria donne le ton d’un disque jubilatoire, tout en ironie et en mélodies imparables. Les morceaux sont plus rock que d’habitude et sont d’irrésistibles morceaux de bravoure. La promenade dans le commonwealth donne la fiêvre. Le choc thermique entre la brumeuse Grande Bretagne et la rocailleuse Australie est pourtant très agréable à ressentir.
Le disque se moque avec beaucoup d’humour de la nation réactionnaire, de son histoire et des institutions. En parlant de leur pays, les Kinks dénoncent la pensée unique (l’agressif Brainwashed), la dictature du bonheur (l’impressionnant Australia), l’armée (le très culotté Mr Churchill says) et bien sûr toutes les bizarreries de la royale Angleterre.
"Arthur" serait une version musicale des Monty Python période Flying circus. C’est vif et "Arthur" fait une synthèse parfaite de la pop des années 60.
Les Stones et les Beatles sont responsables de biens des chefs d’œuvre. Mais il faut plutôt fouiller chez le second couteau, injustement ignoré pour trouver le concentré idéal.