Il est loin le temps où Jacques Dutronc faisait ses gammes avec El Toro et les Cyclones. A 67 ans, le concert au festival Art Rock était loin de la classe de ce grand chansonnier. Dommage.
La classe. Ce mot semble le plus juste pour qualifier le Corse taciturne féru de cigares. Avec sa voix si singulière, on se disait que Jacques Dutronc allait l'incarner face à un public de quinquas et sexagénaires venu en nombre pour cette ultime soirée à Art Rock.
Une naine qui fait des blagues piteuses, une choriste qui vient faire un duo digne d'une fête de campagne, sans compter un délire africain et un "Ils ont des chapeaux ronds, vive les Bretons"...
Putain, mais Jacques, tu mets quoi dans ton cigare ???
Après, soyons honnêtes, le concert n'était pas non plus complètement moisi. Quand L'opportuniste résonne place Poulain-Corbion, difficile de ne pas sentir l'émotion envahir les mélomanes bretons. Ados comme retraités reprennent en choeur Les Cactus, avec une salve d'applaudissements entièrement méritée. Les souvenirs parcourent chacun de nous à l'écoute de J'aime les filles. Cette voix quelque peu essouflée n'en demeure pas moins toujours aussi poignante.
Cela étant, quand on quitte le live de Dutronc, une impression presque pathétique nous envahit. Peut-être avions nous trop sublimé un artiste écouté depuis notre enfance ?
Déçu d'avoir vu une prestation en demi-teinte d'un chanteur au discours en adéquation avec nos idées que l'on adore.
Thomas Delavergne
© Etat-critique.com - 28/05/2010