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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 Arrivederci amore ciao

Arrivederci amore ciao

Michele SOAVI

Avec Alessio Boni, Michele Placido, Alina Nedelea et Isabella Ferrari - Wild Side - 2006 - 1h47

Et ta critique ?




Décidément le polar italien connaît un renouveau passionnant. Après Romanzo criminale, Arrivederci amore, ciao confirme le regain de forme du genre de l’autre coté des Alpes. Délicieusement noir.


Le cinéma italien a été déclaré zone sinistrée. A l’exception de quelques films, ce cinéma, si riche au siècle dernier, a bien du mal à sortir d’une crise industrielle sans précédent. Heureusement quelques talents subsistent et nous font admirer leur talent. On pensait avoir perdu Michele Soavi. Son retour est tout simplement époustouflant.

Son dernier film, l’envoûtant Dellamore dellamorte remonte au début des années 90 et depuis le cinéaste s’était réfugié à la télévision. Il a eu raison d’attendre : son nouveau film est un bijou de couleur noir. Il est d’un éclat éblouissant. Pourtant l’intrigue ne brille pas par son originalité.

Gorgio est un terroriste communiste qui revient en Italie pour être réhabilité. Il fait chanter des anciens militants. Il se lie à un flic corrompu et petit à petit il se refait une virginité, de façade. Car l’homme a toujours de vilains penchants et le dernier coup sera forcément celui de trop.

Comme Romanzo Criminale, le nouveau film de Michele Soavi possède un lyrisme qui donne fière allure au projet. L’héritage de Leone est évident mais Soavi amène une noirceur étonnante. Ancré dans l’histoire italienne, le film s’approprie un réalisme inédit que le cinéaste oppose à une réalisation onirique.

Adapté d’un roman à succès, le polar est marqué par le passé fantastique du cinéaste. Cauchemar urbain et nocturne, le film est une fascinante descente en enfer où le manichéisme est piétiné avec un plaisir rare. Les deux héros du film sont de belles pourritures, adeptes de la vendetta et des coups bas.

Le mal est omniprésent. Les innocents sont sacrifiés sans ménagement. Le film sent constamment le souffre et la démesure. Le film va plus loin que la saga mafieuse de Michele Placido (présent ici dans le rôle du policier véreux) au point de déconcerter les amateurs de films noirs. Difficile cependant de bouder son plaisir. L’approche frontale du genre provoque des émotions fortes, et c’est assez rare pour être signalé. Dans une interview, l’auteur cite Bad lieutenant d’Abel Ferrara. Une œuvre précieuse qui vient de trouver un double transalpin tout aussi déroutant.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 08/04/2007