Deux frangins de Laval s’imaginent à la tête d’Oasis. A la surprise générale, ca fonctionne plutôt bien.
Ca sonne comme du Oasis. On reconnaît le style. Les guitares sont célébrées. La voix est lancinante et braille avec une nonchalance qui fait très working class hero.
Les deux petits Français qui se cachent derrière le sobriquet savant Archimède ont aussi convoqué Nino Ferrer et les Who. Ces deux références sont plus rassurantes que les frères têtes à claques de Manchester.
Mais Fred et Nico Boisnard cultivent leur attitude de lads. Dès la troisième chanson, ils viennent taquiner les dandy rockers fortement influencés par les Libertines et exclusivement parisiens: Tes foulards tu les chipes à maman Ton cuir et tes bottes C’est ton père qui les portait dans le temps Quant au futal c’esr ta p’tite qui l’avait reperé aux halles Vilaine canaille rends lui son slim, c’est pa ta taille.
Leur imitation d’Oasis est assez réussie. Et leur version franchouillarde est plus amusante que l’originale ! Cela vaut quelques ballades un peu pompeuses mais se dégage rapidement une idée de pop franglaise assez sympathique, clairement inspirée par les années 60.
Les paroles sont légères. On profite d’une évocation marrante de la poste avec Fear facteur. Les deux zazous prennent tout à la dérision et semblent rire de tout, avec une bonne humeur assez généreuse. Tout cela se devine dans une orchestration élégante et un son parfois vintage.
En quarante minutes, ils digèrent l’héritage d’une pop britannique pas toujours nuancée mais agréable (les derniers morceaux sont les plus réussis). Archimède supporte la comparaison en jouant les ersatz polissons. Ce n’est pas l’album de l’année mais à coup sûr, un disque de passionnés. Leur gouaille fait la différence !