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Vendredi 18 Mai 2012Livre

 Après la nuit

Après la nuit

Richard GUéRINEAU et Henri MEUNIER

Delcourt - 64 pages

Et ta critique ?




La bédé western est un genre à succès. Sa mythologie a passionné longtemps les dessinateurs majeurs. Après la nuit, petit dernier du genre, offre une belle mélancolie et un coté fantastique qui rappelle le meilleur d’un Clint Eastwood.


Tout le monde connaît Blueberry, héros de Jean Giraud qui vit des aventures depuis des décennies. Le western sur le papier est une valeur sûre. On ne compte pas les sagas sur les cow-boys et la découverte du grand Ouest.

Après la nuit, en apparence, suit cette tradition quasi-belge par son dessin assez classique. Le dessinateur Richard Guérineau a visiblement vu beaucoup de classiques. Son sens de l’angle et du cadre impressionne dès les premières feuilles.

Le coup de stylo ne s’échappe pas des traditions mais l’introduction, elle, pose un ton sec et passionné. Aucune bulle n’apparaît dans les premières pages et les auteurs retrouvent les vertus de la langueur et du décor désertique.

C’est du Sergio Leone sur papier et cela fait sacrement du bien. Ensuite, on pense rapidement à Clint Eastwood et son film, L’homme des hautes plaines. Une pointe de fantastique fait toute la différence.

On a déjà oublié le classicisme du dessin. Le minimalisme du début est en fait une ouverture sur un univers très bien construit, avec un magnifique travail sur les couleurs, chaudement crépusculaires.

On plonge dedans. Les auteurs transcendent doucement mais sûrement les clichés. Une petite ville perdu dans le désert, Westwood, est connu pour son shérif intransigeant et violent, Stanton. Un beau jour, un inconnu débarque et réveille un passé douloureux pour quelques habitants de la ville…

L’histoire surprend peu mais Meunier et Guérineau étonnent par leur vivacité et leur culot. Le thème de la violence est traité, comme dans Bouncer, le chef d’œuvre de Boucq, de manière baroque.

Après la nuit est une promenade nocturne raffinée et captivante. On pensait s’ennuyer devant ce morceau de western assez traditionnel. Ce que l’on y découvre est nettement plus profond. Lorsque une bédé fait cet effet là, c’est bon signe.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 20/09/2008