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Jeudi 09 Février 2012Livre

 Apprendre à faire le vide

Apprendre à faire le vide

Paul ARIES et Bernadette COSTA-PRADES

Milan - 140 pages

Et ta critique ?




Voilà, de la part d'un chantre de la décroissance, un ouvrage réconfortant en ce temps de crise du capitalisme et de la consommation.


Bon, Paul Ariès et sa théorie de la décroissance ne font pas l’unanimité dans les médias, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais il a le mérite de proposer une réelle alternative à cette société folle, qui va droit dans le mur. Dans cet ouvrage, il pose des questions essentielles. Pourquoi courons-nous après le temps, l’argent ? Ne peut-on pas vivre avec moins, en partageant, en redécouvrant, comme les saveurs d’autrefois en nourriture, des valeurs d’avant ? La solidarité, le partage, semblent comme des mots oubliés de nous tous, hélas.

Car notre époque est celle du toujours plus : d’argent, d’objets (on en consomme dix fois plus qu’il y a un siècle !), de gadgets, de travail, de poids. Bref, plus de tout. Tout ça pour quoi ? Du stress, des soucis, une planète qui va mal, un moral en berne, des gens largués partout par un système ultra-capitaliste inhumain et destructeur.

On croule sous le superflu, l’inutile, on s’embarrasse de paraître, de pseudo-indispensable. Et l’on n’est pas plus heureux.

Trop de tout partout : trop de sexe, trop de travail, trop de nourriture.  Ce trop-plein écrase, étouffe. Et comment faire pour désencombrer sa vie sans penser qu’on va se serrer la ceinture ? Il y a quelques recettes dans cet ouvrage, qui survole mais n’analyse pas suffisamment les causes et les conséquences de ces comportements.

Cela dit, les pistes explorées par les deux protagonistes laissent certains sceptiques. Évoquant les AMAP (Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne), les mouvements Slow food, ou des conseils écolos élémentaires, Paul Ariès convainc certes, mais rend plus dubitatif lorsqu’il propose un revenu universel d’existence et un revenu maximal. Franchement, l’humain, qui aime gagner, se battre, faire des guerres, jouer au coq et au meilleur, est-il prêt à ce genre de concessions ? Ou cela relève-t-il d’une douce utopie ? À chacun de juger.


Marie Léon

© Etat-critique.com - 25/08/2009