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Vendredi 18 Mai 2012Musique

 Appetite for destruction

Appetite for destruction

. GUNS N' ROSES

(Geffen -1987)

Et ta critique ?




A l'heure où le serpent de mer "Chinese Democracy" semble sortir la tête de l'eau, revenons sur ce mythique premier effort des Guns, qui se trouve aussi être (presque) le meilleur album de 1987.

Presque, puisque pour cette chronique spéciale eighties et qui consiste à choisir chaque mois un album de chaque année 80 (vous suivez toujours ?), j'avais prévu dans un premier temps de vous parler de Sign O The Times de Prince qui, à mon humble avis, domine l'année 87 de la tête et des épaules.
Mais bon.
On a déjà évoqué Purple Rain pour l'année 84, alors place donc à un peu de variété , enfin plus exactement, à du bon gros rock, avec ce phénomène qui ressuscita un instant, à la fin de cette décennie un peu claustro, le concept très seventies de super groupe de hard couillu, bâti pour les stades et les tabloïds.

Toute la mythologie rock classique y est : le guitariste brun et le chanteur blond, et leurs acolytes. Un keupon dégingandé à la basse; un second guitariste discret mais grand travailleur (et songwriter) de l'ombre; un batteur hardos et toxicomane (bientôt viré et remplacé par une espèce de prof d'EPS sorti de chez  Cult).

Mais surtout, et au moins sur cet album, le groupe réalise un sans faute musical, un maelström électrique, menaçant et vicieux, bluesy et d'une puissance de feu incroyable, réanimant AC/DC, les Stones et les Pistols, et  renvoyant en ligue 2 Aerosmith, qui sortent cette année là un album bien pâlot en comparaison.

Axl Rose, principal auteur des textes, y laisse transpirer ses peurs de petit Blanc, sa haine et son mal-être et chante un Los Angeles urbain et oppressant, à des années-lumière d'Alerte à Malibu. Ici la cité des anges est une jungle ou se croisent obsédés sexuels, arnaqueurs,  toxicos (sur l'excellent "Mr. Brownstone"), et filles faciles, et ou tout s'achète, et bien sûr, se paye. Et puis il y a les gros tubes : "Sweet Child Of Mine",  power ballad ultime, avec son riff inouï, où le chanteur se laisse aller enfin à montrer un peu plus ses sentiments (il le refera, mais en en rajoutant des caisses, sur ces scies à la Elton John nettement moins réussies comme "November Rain" quelques années plus tard); "Paradise City" et ses 6 minutes 48 de démesure, sorte de pièce montée hard avec un final quasi-organisme, mais qui tient sacrément la route sans jamais flancher. Les autres morceaux, parfois plus simples et punky (comme le parano "Out To Get Me") font respirer l'ensemble et maintiennent un train d'enfer.

Alors bien sûr tout cela est excessif, mais cette joyeuse exubérance est depuis 1954 l'essence même du rock'n' roll, quoique pourront en dire les rabat-joie, ces Khmers Rouges de la musique populaire qui pensent encore que le rock est une affaire d'intégrité. Un peu comme Oasis dix ans plus tard, les Guns débordaient de l'ambition d'en mettre plein la vue au monde.

Et ça a marché. Pendant quatre ans. Jusqu'à ce que Nirvana, leur antithèse, débarque fin 91 avec Nevermind et les envoie au rang des antiquités.


Autres grands albums de 1987
Prince, Sign O'The Times
Tom Waits, Franks' Wild Years
U2, The Joshua Tree

A découvrir ainsi que des compléments sur : http://riversinvitation.blogspot.com/

 


Nicolas Lejeune

© Etat-critique.com - 04/11/2008