Faut-il pardonner à Eddie Murphy ses excès d’antan ? Si cette comédie relève un tant soit peu le niveau, mieux vaut trouver d’autres occupations familiales. Comme le macramé.
Au secours ! Les extra-terrestres envahissent New York et ils ne sont pas contents ! Ils ont pour mission de récupérer un météorite minuscule censé absorber toute l’eau de notre planète afin de sauver la leur.
Malgré la science fiction, le vrai but poursuivi est la franche rigolade. Du coup, à la manière de poupées russes, les aliens de petite taille s’entassent dans un vaisseau spatial anthropomorphe à l’effigie de leur capitaine (comme quoi, le culte de la personnalité s’exporte également hors de notre atmosphère).
Vêtu d’un smoking blanc, Eddie Murphy débarque donc à Manhattan dans une enveloppe charnelle ressemblant à Eddie Murphy. Au contact de la faune Est-Américaine, il découvrira la valeur de la vie, les sentiments, l’homosexualité, la salsa et tout ce que le scénariste pouvait trouver en matière de caricature facile et de clichés peu inspirés.
On rigole assez peu devant si peu d’originalité. Certes, le concept de placer un être innocent au milieu de notre société pour mieux en souligner les travers est un poncif éculé. Il aurait néanmoins été préférable de ne pas en faire n’importe quoi.
Les gags destinés aux tout petits raviront également les amateurs de blagues scatophiles. En revanche, ceux qui ont dépassé le stade de la régression anale risquent de saturer rapidement. Avec une morale démonstrative à souhait, des effets spéciaux du siècle dernier et une réalisation fantomatique, rien de vraiment bon n’en ressort.
Mais que pouvait-on attendre de Brian Robbins qui a réalisé des chefs-d'œuvre de divertissement consensuel comme Norbit ou Raymond ? Il faut espérer que le projet d’Alain Chabat associant ce chantre de l’humour populiste et (toujours) Eddie Murphy ne finisse pas en cadeau avec un menu burger/frites/coca dans une chaîne de restauration rapide. Mais, il est peut-être trop tard et cela ne servirait à rien de convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé©.
Dans notre malheur, on peut se réjouir que, faisant fonctionner à plein son faible pour la schizophrénie, l’acteur afro-américain a eu le bon goût de ne pas camper un obèse flatulent. On passe ainsi de l’atroce à l’insipide.
Tout juste passable, évitez ce film et attendez plutôt sa diffusion à la télévision, très certainement sur TF1. C’est étrange, mais les relations entre la première chaîne privée de France et cet acteur adepte de la bouffonnerie pas finaude semblent être fusionnelles. Les grands esprits se rencontrent. Les plus petits également.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 21/08/2008