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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 Appaloosa

Appaloosa

Ed HARRIS

Avec Ed Harris, Viggo Mortensen, Jeremy Irons et Renée Zellweger - Metropolitan FilmExport - 1er octobre 2008 - 1h55

Et ta critique ?




En signant ce western classique (au sens le plus flatteur du terme), Ed Harris préfigure le renouveau d’un genre et officialise son entrée dans la cour des grands réalisateurs.


Ouvrez grand vos yeux, respirez à pleins poumons... Vous voyez, vous sentez ? Oui, vous y êtes ! Vous êtes de retour dans le grand Ouest américain du XIXe siècle. Vous chevauchez aux côtés de Virgil Cole (Ed Harris) et Everett Hitch (Viggo Mortensen) en direction d’Appaloosa, petite ville minière du Nouveau-Mexique. Là-bas, Randall Bragg (Jeremy Irons) et ses hommes font leur loi et n’ont pas hésité à assassiner le shérif et ses deux adjoints qui tentaient de faire respecter la justice.

Si les deux compères se dirigent vers Appaloosa, c’est que les édiles de la ville leur ont demandé de les aider à mettre fin à la terreur entretenue par Bragg. Réputés pour avoir ramené la paix et la justice dans des villes où plus aucune loi n'avait cours, ils vont cette fois se heurter à un adversaire d'une autre dimension. Leurs méthodes implacables font pourtant rapidement leur effet, mais l'apparition d'Allison French (Renee Zellweger), une séduisante veuve, va mettre leur duo à l'épreuve...

Cinq ans après Pollock, le biopic du peintre contemporain qu’il réalisait et interprétait, le retour de Ed Harris derrière (et devant) la caméra est une de ces très bonnes nouvelles que le cinéma américain est chiche à nous annoncer. A l’approche de la soixantaine, il s’apprête à bâtir une oeuvre que l’on pressent digne de quelques rares prédécesseurs, à commencer par celle de l’immense Clint Eastwood.

Il n’est que de constater l’envergure, l’ambition, la réussite absolue de ce deuxième long métrage pour que tout doute disparaisse. Photographie sublime, plans amples et généreux, narration limpide. Pas une minute des presque deux heures du film (initialement monté avec vingt-cinq minutes supplémentaires que l’on retrouvera sans doute dans la version DVD) n’est inutile et encore moins gratuite.

Rien de frénétique pourtant dans ce western classique. Les chevauchées se font au rythme lent de montures qu’il faut ménager. Les fusillades y sont plutôt rares, donc d’autant plus efficaces. Les personnages, très typés, n’en affichent pas moins des subtilités de caractère que l’on trouvait rarement dans ce genre avant l’irruption de Clint Eastwood (où l’on retrouve le Maître) signant, par exemple, un Impitoyable d’anthologie. Jusqu’aux dialogues ciselés qui, avec peu de mots - Cole et Hitch sont plutôt des taiseux - n’en font pas moins mouche avec la même efficacité que le "punt gun" d’Everett Hitch, long de 127 cm et pesant près de 5 kg !

Fort de toutes ces qualités, Appaloosa préfigure, à n’en pas douter, le double avènement d’un réalisateur talentueux et d’un genre dont on sent qu’il frémit à nouveau (avec 3h10 pour Yuma de James Mangold en début d’année) pour notre plus grand plaisir.


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 07/10/2008