Anthologie de l'humour noir au Vingtième Théâtre. Mais où passé est l'humour ?
Ils sont trois sur scène pour jouer L'Anthologie de l'humour noir, une compilation de textes de Sade, Apollinaire, Marcel Duchamp, etc. réalisée par André Breton.
Le texte méritait-il d’être mis en scène ?
On a droit à un florilège de contrepèteries éculées (A charge de revanche / A verge de rechange, Sacre du printemps / Crasse du tympan…) ou encore à des calembours miteux (extirpant une boîte de sardines d’un cercueil : "Tiens, un hareng saur" - Un hareng sort, ouarf ouarf ! non, vraiment, arrêtez, c’est trop drôle !).
Le texte méritait-il une telle mise en scène ?
Tout ce que l'on peut dire est qu’elle est ratée et franchement poussive.
Le texte méritait-il une telle interprétation ?
Patrick d'Assumçao campe un mime qui, ne parvenant pas à se suicider, tente de se faire assassiner par ses camarades de scène (attention : running gag !). Au final, ce qu’il ne parvient pas à faire, c’est à faire rire le public !
Faute de buter le mime, Bernard Menez bute copieusement sur son texte (il devait être trop accaparé par les élections municipales pour l'apprendre correctement).
Roland Timsit fait tout son possible pour dérider un public qui s’ennuie ferme : il transpire, il braille, il fait semblant de rire lui-même de ses blagues (ce qui ne doit pas être facile). C’est d’ailleurs lui qui rit le plus (les rires de la salle, souvent polis mais jamais francs, se comptent sur les doigts de la main).
Dernière question : le public méritait-il une telle punition ?
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 30/03/2008