Anne
Roumanoff se bonifie avec l’âge. Elle s’est installée aux Bouffes-Parisiens
jusqu’au mois de janvier prochain pour fêter ses vingt ans sur scène.
Comme
d’habitude, Anne Roumanoff puise dans l’air du temps et les sujets d’actualité
pour des sketchs qui sonnent souvent juste : la
délocalisation vue par une ouvrière, les états d’âme de la femme de 40 ans, une
autre qui a abusé de la chirurgie esthétique, et la jeune vendeuse de vêtements
dont le travail n’est pas la priorité …
Certains
de ses sketchs sont des classiques ou de purs moments d’hilarité. Mais parfois,
hélas, l’humoriste pêche par excès de facilité. Les sketchs sont trop courts,
les personnages à peine esquissés et certaines phrases glissent, entendues déjà
mille fois ailleurs, comme celle sur la tranche de jambon gratuite. Quelques
chutes sont aussi un peu maladroites.
Mais
enfin, ne boudons pas notre plaisir. Anne a 40 ans, deux enfants qui font des
fautes d’orthographe, et des crèmes de beauté qui ne font pas de miracles. Elle
se moque des politiques (ah, Ségolène, qui revient tel un gimmick !),
slame sur l’obsession des femmes occidentales, qui veulent maigrir à tout prix.
Et fait participer le public, qui en redemande.
Allez,
encore un effort, sur les textes et les chutes, et c’est reparti pour vingt
ans !
Marie Léon
© Etat-critique.com - 26/09/2007