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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 Anna. M

Anna. M

Michel SPINOZA

Avec Isabelle Carré, Gilbert Melki, Anne Consigny et Francis Renaud - Diaphana - 11 avril 2007 - 1h46

Et ta critique ?




Folie amoureuse, voilà un sujet qu'utilise avec originalité Michel Spinoza pour une chronique de la solitude. Un beau rôle pour Isabelle Carré.


La vie d'Anna est d'une fadeur alarmante. Rien ne se passe dans la vie de cette trentenaire qui vit avec sa mère et son chien. Tentant de se suicider, elle réussit juste à se casser une jambe. Elle doit suivre une rééducation. Celle ci est menée par le docteur André Zanevsky. La jeune femme est persuadée que celui lui fait du charme. Cette idée fait plonger la jeune femme dans la folie.

Ce genre de sujet est traité de de deux manières: sur le mode romantique entre tendresse et triste constat ou sur le mode thriller sexy comme Liaison Fatale. Michel Spinoza s'enfuit rapidement des clichés. Son héroïne souffre d'érotomanie: le cinéaste observe sans jugement cet état de démence.

C'est ce qui fait la grande force de ce long métrage: le regard clinique fait froid dans le dos. Certains reprocheront une nonchalance au niveau du scénario mais le film s'apparente une observation neutre et sans préjugé.

L'héroïne terrorise l'objet de son affection. Peu à peu, le personnage pathétique devient attachant car elle se fait du mal. Doucement elle glisse vers des dangers étonnants. La folie est scrutée avec une précision angoissante.

La composition d'Isabelle Carré est stupéfiante. Effrayante, elle sait être victime et bourreau. Elle est capable du pire, se vautre dans l'excès, s'en prend même à des enfants, et pourtant, il subsiste une douleur que l'on a tous partagé, celle d'un insupportable rejet. D'une justesse rare, la comédienne est une fois de plus parfaite.

Elle reste le mystère qui maintient l'intérêt du film, un peu long et frustrant car il oublie l'objet du désir, pourtant interprété par Gilbert Melki, acteur précieux. Mais bon, cette passion dévorante n'est vécue que par une personne. Son monopôle est justifié à défaut d'être parfait!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 16/04/2007