Avec Jacki Weaver, Ben Mendelshon, Guy Pearce et James Frecheville - ARP - 27 avril 2011 - 1h50
Et ta critique ?
Une fratrie criminelle australienne offre un polar étrange et tragique.
Ca va mon chaton? C'est la question que pose en permanence cette mère à ses grands enfants, criminels reconnus. Elle les materne. Quatre truands redoutables et véritables bambins lorsque de leur maman, une blonde fanée, est à coté d'eux.
Elle cajole ses gamins et accueille le fils de sa soeur, morte d'une overdose. Josh, avec sa petite amie, découvre l'impressionnante fratrie. L'adolescent est perdu entre la gentillesse de la maman et la rudesse des gaillards. La mère embrasse sur la bouche ses enfants. C'est un baiser empoisonné. Elle les mène à une guerre ouverte avec la police...
Une tragédie se met en place. La famille Cody n'échappera pas au destin. Dans les années 80, la police et les criminels s'affrontaient à coup de fusil. Ils se rendaient coup pour coup. Josh se retrouve coincé dans ce duel meurtrier et sans moral.
Au delà du spectaculaire, le réalisateur s'intéresse aux périodes de calme entre les tempêtes. Au delà de tout jugement, la famille Cody est tout à fait ordinaire. Les frangins se taquinent. Ils ont des copines. Ils ont des rêves (l'un aimerait bien se recycler dans la bourse, autre lieu de criminalité important). Ils se comportent presque normalement.
Mais le réalisateur immisce une certaine perversité. Il inverse les codes. La police se comporte comme des malfrats. Josh est paumé tout comme nous. Il prête des qualités aux Cody et brouille les pistes autour de la justice australienne (parfaitement représenté par Guy Pearce, de mieux en mieux).
Cela rend la tragédie plus cruelle et David Michôd réalise un grand polar, une saga bouleversante, qui n'est pas le monopole de Martin Scorsese.
Tous les films sur les mafieux américains se rappellent à notre souvenir. Les gangsters de Melbourne peuvent eux aussi fasciner. La sécheresse de la mise en scène nous coupe le souffle. C'est une plongée âpre dans une violence plus psychologique que les inévitables scènes d'action. Le baiser de la mère est nettement plus troublant qu'un réglement de compte. Cette subtilité rend ce polar réellement émouvant!