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Vendredi 18 Mai 2012Cinéma

 An american haunting

An american haunting

Courtney SOLOMON

Avec Donald Sutherland, Rachel Hurd Wood, James d’Arcy et Sissy Spacek CTV – 25 avril 2007 – 1h30

Et ta critique ?




Tiré de faits réels, An American haunting est un navet assez grotesque, servi par de bons acteurs qui font réellement des efforts pour croire aux fantômes.


Commençons par le meilleur. Le casting ! Donald Sutherland profite du regain d’intérêt pour son fiston, Kiefer, star de 24 Heures chrono. Il trouve ici un premier rôle et fait preuve de beaucoup d’énergie. A coté de lui, Sissy Spacek continue d’intriguer avec son physique atypique. En face de ces deux là, on retiendra le visage angélique de la jeune Rachel Hurd Wood, qui rappelle les petites stars des années 40 à la Judy Garland.

Cette jeune comédienne a d’ailleurs une difficile partition à jouer dans American haunting. Elle interprète Betsy, une gamine heureuse au milieu de sa famille, les Bell, respectés de tous. Au début du XIX siècle, cette famille voit son équilibre voler en éclat lorsque un esprit frappeur s’en prend à la jeune fille et au père, John. Ce dernier, s’étant disputé avec une possible sorcière, aurait à faire à un démon particulièrement démonstratif.

Le plus diabolique dans ce film, c’est surtout la mise en scène. Déjà responsable d’un hilarant Donjons et Dragons, Courtney Solomon confirme qu’il est un réalisateur tout simplement nul. Sans originalité, la réalisation se permet des effets assez kitsch. Le spectateur fera travailler les zygomatiques lorsque la caméra s’engouffre dans l’œil de Sissy Spacek. A coup sûr, cela restera comme l’effet le plus nase de l’année.

L’histoire, elle, tente de nous refaire L’exorciste à la sauce Le Village. C’est un Sleepy Hollow qui se prendrait au sérieux. Mais la morale du film, elle, semble s’échapper d’un discours d’un pentecôtiste djihadiste. La dénouement est assez nauséabond et devrait plaire uniquement aux curés en rangers.

Après La passion du christ, L’exorcisme d’Emily Rose ou Les châtiments, le film d’horreur où la foi est un enjeu, pullule sur les écrans américains. Pour l’instant ce n’est guère brillant et assez réactionnaire. Conservateur et d’une hypocrisie inouïe, ce genre nous fait regretter quelques séries B comme L’Emprise de Sidney J Fury ou Le prince des ténèbres de John Carpenter. Avec vos sous pour une place de ciné, allez vite les louer.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 23/04/2007