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Vendredi 18 Mai 2012Livre

 Aline, pour qu'elle revienne

Aline, pour qu'elle revienne

Marco KOSKAS

277 pages - éditions Baleine

Les commentaires

casse-cou

Le 08/06/2009

Tu serais pas un peu jaloux de l'auteur, gros?...

Et ta critique ?




Avant qu’elle ne meure au volant de sa voiture, à la sortie du petit village corse de Scolenza, dans ce fameux virage en épingle à cheveux, qu’est-il arrivé à Maura Pelosi ?


C’est ce que se demande Luca Di Melo, le maire de Scolenza qui fut, dans sa prime jeunesse, le premier amoureux de Maura. Alors il prend quelques jours de vacances, embarque dans l’avion qui ramène le cercueil sur Paris et il remonte lentement la piste.

Là-bas, il y a aussi Aline Puissessai et sa fille Linda, la jet-set parisienne et les amants qu’elles se partagent. Et puis les flics, la justice, la prison et quelque part, la vérité.

« Aline, pour qu’elle revienne » emmêle trois récits : celui de Luca Di Melo ; celui de Maura, cette petite amie perdue de vue à l’aube des années 70 ; et celui des Puissessai mère et fille.

Marco Koskas semble d’abord ne pas trop savoir sur quel pied danser. Après une ouverture sur le ton anecdotique (le fou du village qui sonne l’hallali dès qu’un touriste vient à se planter dans le virage en épingle à cheveux), il égrène, de chapitre en chapitre, les destinées de ses quatre personnages.

Pour le maire de Scolenza, il joue une gamme en relais : c’est lui qui servira les fondus, d’une époque à l’autre, passera le témoin sur le ton du regret et de la nostalgie. Pour l’histoire de Maura, c’est Cosette chez les voyous marseillais du Panier, une aventure larmoyante faite de cent tracas (la fillette vendue par ses parents, l’adolescente violée puis cachée). Enfin pour Aline et sa fille Linda, c’est la grande comédie, caricatures de la haute bourgeoisie people qui ira se perdre dans les mailles humiliantes de l’état policier français.
Tour à tour hâbleur, classique, puis dénonçant les affres de notre actualité, Koskas nous entraine de sa péripétie avec le regard de celui qui aimerait en rire à gorge déployée.

La partition est bonne même si, de temps à autre, on regrette de devoir plaindre cette pauvre petite fille riche de Linda, insupportable gamine, giflée toute sa vie avec des billets de cinq cent balles, qu’il sauvera in extremis de sa laque en en faisant un personnage à deux facettes.
« Aline, pour qu’elle revienne » est de ces polars sociétaux qui veut toucher un large lectorat. On est loin des Musso et consort du genre, faut pas déconner. Mais le mélange des genres plaira sans aucun doute.
On regrettera peut-être, si l’on est cynique comme moi, une fin trop ouverte alors qu’il y avait matière à conclure plus crûment et de maniée plus drolatique. JE dis ça, je dis rien, hein ?

Vous pouvez retrouver notre chroniqueur dans ses œuvres sur les sites suivants :

http://demo-reel.blogspot.com  
http://potglob.blogspot.com
http://blogjob-pabst.blogspot.com


Sébastien D. Gendron

© Etat-critique.com - 07/06/2009